Pays d’Ouche Ornais

Présentation du Projet de Territoire

Octobre 2002

Sommaire

Les Axes Fédérateurs

Un territoire à la jonction de différentes contrées

Un Pays disposant d’une situation géographiquement favorable

Un territoire devant exprimer la solidarité et la complémentarité du pôle urbain avec les territoires ruraux

Un Pays à la reconquête de son image

Tableaux croisés des fondamentaux qui ont conduit la démarche et des thématiques abordées

Le Projet de Territoire  Orientations liées à l’Economie 

I/ Assurer le maintien et le développement des activités

A) Disposer d’une stratégie d’accueil et de développement d’entreprises

B) Accompagner le développement des entreprises

II/ Structurer les acteurs économiques autour de démarches collectives

C)      Développer un SPL « Travail des Métaux »

D)      Favoriser les initiatives collectives

III/ Disposer localement d’outils de formation et d’insertion 

E) Engager une réflexion approfondie sur les besoins à plus long terme des entreprises 

F) Favoriser l’insertion des personnes en difficulté

 

Orientations liées au Tourisme

I/ Valoriser et développer les activités en fonction de cibles de clientèles à atteindre 

A)    S’appuyer sur les produits existants et en créer de nouveaux

B)    Valoriser les ressources naturelles et de loisirs

II/ Améliorer l’offre d’hébergement 
 

III/ Structurer de manière pertinente les acteurs touristiques

C)    Tendre vers une inscription « Pays d’Accueil Touristique »

D)    Assurer une promotion et une communication partagées
 

 

Orientations liées à l’Agriculture

I/ Agir pour le maintien des activités agricoles

A)     Le suivi des activités et des transmissions d’entreprises

B)     Le maintien de la compétitivité des exploitations

II/ Accroître la valeur ajoutée des productions dans le cadre de démarches de qualité

C)    Développer des productions identifiées

D)    Favoriser la transformation individuelle et industrielle

III/ Promouvoir l’Agrotourisme

E)    Développer et coordonner un réseau local

F)     Développer le tourisme équestre

Orientations liées à l’environnement 

I/ Préserver et reconquérir la qualité des ressources en eaux (souterraines et superficielles) et des milieux aquatiques

A)    Associer le Pays aux politiques et actions

II/ Préserver l’identité paysagère du Pays d’Ouche

B)    Mise en oeuvre des préconisations de la Charte Paysagère

C)    Sensibilisation du public aux enjeux de l’environnement du Pays

III/ Valoriser le milieu rural au service du territoire

D)    Valoriser les sites naturels

E)    Valoriser les cours d’eau et l’exploitation de la ressource piscicole

F)     Valorisation énergétique
 

Orientations liées aux services à la personne 

I/ Développer l’offre de services non-marchands, maintenir les services publics

A)    Assurer une égalité d’accès aux services à la personne

B)    Maintenir les principaux services publics

II/  Elargir et faciliter l’accès aux équipements culturels, sportifs et de loisirs, etc…

C)    Développer les équipements sportifs et culturels

D)    Favoriser l’accès et le développement des pratiques culturelles, sportives et de loisirs

III/ Développer une politique de l’habitat

E)    Développement du locatif

F)     Rénovation du patrimoine bâti
 

Orientations liées à l’organisation du territoire

I/ Disposer d’outils de planification

A)    Etudier la mise en place d’un S.C.O.T. à l’échelle du Pays

B)    Elaborer un Schéma de Développement Commercial

II/ Etre force de proposition en matière de développement d’infrastructures

C)    Mobiliser les pouvoirs publics en matière d’infrastructures routières et ferroviaires

D)    Favoriser l’implantation des infrastructures T.I.C.

III/ Développer une offre de transport public

E)    Organiser l’offre de transport collectif

F)     Proposer des dispositifs adaptés et adaptables au milieu rural

 

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Les axes fédérateurs
L’engagement d’une démarche de Pays correspond à la volonté des responsables locaux de fédérer des initiatives locales dans le cadre d’un espace dont les caractères dominants, les problématiques majeures et les potentialités de développement sont de même nature. Globalement, la démarche de Pays est ici fondée sur la prise en compte d’une double réalité territoriale : le besoin de se rapprocher en renforçant la cohésion territoriale et le souci de partager ensemble des intérêts communs. La mise en oeuvre d’un Pays vise donc à renforcer la structuration territoriale en développant les communautés d’intérêts autour d’éléments fondamentaux forts. La démarche de territoire engagée par les acteurs locaux du Pays d’Ouche Ornais s’articule autour de quatre éléments fondamentaux qui ont conduit l’ensemble des réflexions et donc les orientations du projet de territoire.
Un territoire à la jonction de différentes contrées

Le Pays d’Ouche Ornais se situe à la lisière Est du département de l’Orne. Cette situation lui confère un fonctionnement différencié par rapport à d’autres territoires. D’une part, le pays travaille au sein de son département avec les autres territoires ornais et notamment ceux du Perche et du Pays d’Argentan Pays d’Auge Ornais et d’autre part, comme on a pu le constater dans le cadre du diagnostic, la proximité des bassins parisien (une heure de Paris) et de la basse Seine (Rouen, Le Havre, …) influence l’organisation des acteurs du territoire sur les plans économique, résidentiel, …

Les acteurs locaux ont ainsi conçu leur projet de territoire comme un projet ouvert et partenarial avec les Pays voisins en fonction des problématiques (rivières, arrivée de l’A28, …) et des fonctionnements existants. Un Pays disposant d’une situation géographique favorable

La proximité des bassins parisien et rouennais confère au territoire une situation géographique favorable lui permettant un positionnement offensif en matière d’accueil et de développement d’activités économiques et touristiques.

le projet de territoire s’articule autour de ces potentialités tout en tenant compte de concurrences et de positionnements de territoires voisins bénéficiant des mêmes avantages.

Un territoire devant exprimer la solidarité et la complémentarité du pôle urbain avec les territoires ruraux

Le Pays dispose d’un pôle, L’Aigle, de 9000 habitants. L’Aigle et plus largement sa Communauté de Communes constituent le cœur de ce territoire en matière de développement économique et de services à la population. Cependant, ce pôle rayonne uniquement sur le Pays d’Ouche Ornais. Aussi, la mobilisation de l’ensemble des composantes du territoire est essentielle si celui-ci souhaite développer une attractivité et un rayonnement plus vaste.

Le projet de territoire s’appuie sur trois concepts indissociables. L’Aigle doit renforcer son attractivité (capacité à capter les flux), L’Aigle doit être solidaire des territoires ruraux (capacité à diffuser les retombées sur l’ensemble du Pays) et les territoires intercommunaux doivent organiser une offre de services pertinente (capacité à accueillir des activités et des populations). Un Pays à la reconquête de son image

Le Pays d’Ouche Ornais fait partie d’un Pays historique s’étendant sur deux départements (Orne et Eure) et aujourd’hui à cheval sur trois Pays (Pays d’Ouche Ornais, Pays d’Avre et d’Iton et Pays Risle-Charentonne). Cette configuration ne facilite pas une reconnaissance tant interne (sentiment d’appartenance) qu’externe (image renvoyée vers l’extérieur).

les élus locaux au travers du projet de territoire présenté souhaitent incontestablement redonner une image nouvelle au territoire en s’appuyant sur ses traditions (historique notamment) et sur ses potentialités de développement (ouvert vers l’extérieur).
 

Ces quatre éléments fondamentaux ont conduit les réflexions des cinq commissions mises en place par le Pays. Ces cinq commissions reflètent par leur composition les axes de travail et donc les thématiques abordées par le projet de territoire. charte2 charte2

 
Tableaux croisés des fondamentaux qui ont conduit la démarche et des thématiques abordées

 
Partenariat avec les territoires voisins Situation géographique favorable Solidarité Ville / Campagne Image à reconquérir
Economie Présence d’une filière métallurgique sur le Pays d’Ouche et au Sud de l’Eure Proximité de deux grands bassins d’emplois

Arrivée de l’A28 et mise en 2x2 voies entre Evreux et Chartres
 

Les salariés de L’Aigle habitent massivement hors de la Ville Possibilité de développer une image métallurgique dans le cadre d’un « Service Productif Localisé »
Tourisme Valorisation commune des rivières : travailler avec les territoires limitrophes dans le cadre d’une approche « Vallée »

Tenir compte de la mobilité importante de la clientèle touristique

Proximité de bassins démographiques importants : Régions Parisienne et Rouennaise

Se positionner comme une aire de repos et de loisirs de courts séjours

Capacité de « diffusion » du pôle urbain

Nécessité de disposer d’une offre de loisirs diffuse et variée sur l’ensemble du territoire

Potentialités importantes des territoires ruraux à offrir des produits attractifs
 

Possibilité d’intégrer un réseau connu et reconnu au niveau national : Pays d’Accueil Touristique Normand
Agriculture Problématique commune quant au maintien et au développement de l’activité agricole Le territoire est au cœur de la Normandie et bénéficie de son image en termes de produits Relations producteurs / consommateurs indissociables Possibilité de valorisation par le développement de Labels et de diversification
Environnement Travailler dans le cadre des bassins versants pour la problématique « Eau » Des potentialités environnementales à valoriser économiquement et notamment en matière touristique Problématique à prendre en compte d’une manière globale sur l’ensemble du territoire (eau, bâti, paysage, …) Château d’eau de Normandie
Services à la personne Organisation des services d’intérêt départemental / régional (Hôpital, …) Croissance démographique liée à un flux croissant de population venant d’une autre région

Nécessité d’offrir des services adaptés

Nécessaire complémentarité en matière d’offre de services
(Proximité relative : L’Aigle ;
Proximité immédiate : les territoires intercommunaux)
Sentiment d’appartenance à renforcer
Partenariat avec les territoires voisins Situation géographique favorable Solidarité Ville / Campagne Image à reconquérir

 
Le Projet de territoire
La configuration du projet de territoire autour des cinq thématiques a l’ambition de positionner le Pays dans le cadre d’une dynamique de développement s’appuyant sur un réalisme (les vraies potentialités du territoire) et sur les potentialités offertes qu’elles soient liées à l’arrivée d’infrastructures autoroutières ou aux possibilités de mobilisation des acteurs locaux dans le cadre de nouvelles approches. Cependant, l’articulation entre les cinq thématiques énoncées nécessite un positionnement fort et fondamental en matière d’organisation de l’espace. En effet, cet aspect assurera la cohérence des thématiques voire la durabilité du projet de territoire. Compte tenu de l’enjeu et de la transversalité de l’approche, l’organisation de l’espace sera la sixième thématique traitée.

 
Orientations liées à l’économie
I / Assurer le maintien et le développement des activités

Il s’agit de permettre aux entreprises locales ou celles susceptibles de s’implanter sur le territoire de disposer des conditions favorables au développement : mise en réseau et modernisation des entreprises, connaissance du tissu local économique, formation, infrastructures de transport, accès aux technologies de l’information, etc…

A – Disposer d’une stratégie d’accueil et de développement d’entreprises

L’enjeu pour la collectivité est de proposer une offre de solutions en terme d’accompagnement d’entreprises suffisamment large afin de répondre aux différents besoins de l’entreprise en fonction de sa phase d’expansion. En matière de logement, on parle de parcours résidentiel et il apparaît possible de reprendre ce principe et de l’appliquer au secteur économique.

Ainsi, il s’agira d’offrir un dispositif partenarial associant l’ensemble des acteurs intervenant en matière économique (entreprises, collectivités locales, chambres consulaires, comité d’expansion, …) afin de :
  • favoriser la création d’entreprises (accueil, détection, accompagnement, prêt d’honneur (PFIL, …), et de
  • proposer une offre foncière à travers des zones d’activités de qualité (infrastructures T.I.C., services et intégration paysagère), requalification des zones existantes et une offre immobilière (pépinière d’entreprises, ateliers relais, crédit bail, …) pertinente.
Cette politique cohérente d’offre et d’aménagement doit permettre de créer les conditions techniques favorables au dynamisme de certaines entreprises industrielles, en particulier la métallurgie.
B – Accompagner le développement des entreprises

Les actions visant à impulser et à accompagner le développement économique local doivent être à la fois diversifiées, précises et sélectives pour tenir compte de l’échelle du territoire.

L’aide à l’adaptation et à la modernisation des commerces apparaît comme prioritaire. Il s’agit là d’un enjeu essentiel pour le tissu économique local, mais aussi pour l’avenir des activités dans les bourgs. Cette action doit être mise en œuvre en articulation avec les orientations du contrat de plan Etat – Région.

Il s’agira notamment de :
  • renforcer l’information et la formation sur la connaissance des prix, la présentation des produits, les technologies de l’information,
  • de définir une politique de reprise des locaux commerciaux libérés dans les communes, en fonction de critères précis, afin de rechercher des repreneurs (avec des incitations adaptées).


Par ailleurs, un accompagnement global des entreprises désireuses de développer des outils technologiques devra être pris en compte : création de sites Internet et  développement du commerce électronique.

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II / Structurer les acteurs économiques autour de démarches collectives

C – Développer un SPL « Travail des Métaux »
Le poids des activités industrielles (en particulier métallurgiques) et du pôle d’emploi de l’Aigle dans le tissu économique du Pays incite à soutenir en priorité le dynamisme du secteur industriel. En effet, outre l’importance de l’industrie pour l’emploi, ce secteur apparaît comme la composante majeure du système économique local en terme de création de richesses.
Une étude – diagnostic menée en partenariat avec les entreprises, les Chambres de Commerce de l’Eure et de l’Orne, les organismes professionnels, etc… a mis en exergue le potentiel de développement  d’un « Système Productif Localisé ».

Il s’agira de structurer un réseau d’entreprises industrielles locales se donnant comme objectif des échanges concurrentiels permettant de préciser conjointement leurs besoins et leurs problèmes, de mieux connaître leurs activités et savoir-faire respectifs, les relations entre donneurs d’ordres et sous-traitants, d’organiser la promotion commune du pôle métallurgique et industriel, la communication auprès des jeunes, etc… Cette tradition industrielle présente sur le Pays d’Ouche Ornais et plus largement sur le Pays d’Ouche historique est liée à l’existence des nombreuses rivières qui serpentent sur le territoire. Le développement du SPL nécessitera un rapprochement avec les Pays voisins du Sud Eure afin de s’assurer de la cohérence du dispositif qui sera mis en place.
D – Favoriser les initiatives collectives

Dans le cadre de programmes antérieurs (ADR et Leader II), des professionnels locaux ont engagé certaines démarches collectives :

-démarche qualité services adoptée par un certain nombre de commerçants,

-démarche qualité également engagée par des restaurateurs.
 

 

Au vu des premiers résultats, il semble important de favoriser ce type d’initiatives qui favorise l’émergence de projets et ainsi stimule le potentiel local.

Ainsi, il est envisagé d’assurer :

  • une détermination des points forts des pôles commerciaux du Pays avec les UCIA du Pays,
  • un soutien aux commerces de proximité, en favorisant le rapprochement des UCIA et en proposant des actions de promotion et de développement (manifestations communes, coopératives d’achat….),
  • un soutien aux actions groupées de qualité et de promotion dans le secteur du tourisme et de la restauration : poursuite des opérations du club des restaurateurs, regroupement de prestataires du tourisme local, voire des producteurs, etc..
 
III / Disposer localement d’outils de formation et d’insertion

Les besoins en matière de formation et d’insertion doivent être traités à l’échelle du Pays afin de répondre efficacement à ces problématiques par des dispositifs adaptés. Pour rendre efficaces les dispositifs qui seront mis en place, l’association en amont des partenaires tels que les entreprises, la DDTEFP, l’ANPE, la Mission Locale, les responsables de l’enseignement secondaire (collèges et lycées) et les centres de formation, etc.. , est primordiale.

E – Engager une réflexion approfondie sur les besoins à plus long terme des entreprises

Les entreprises, notamment industrielles, connaissent une difficulté croissante à trouver une main d’œuvre qualifiée. Ce constat a conduit les élus à s’engager dans une réflexion approfondie sur les besoins des entreprises à long terme

Dans le cadre de cette réflexion, qui devra être menée de façon continue tout au long du contrat, la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Alençon vient de réaliser un état des lieux de l’appareil de formation sur le Pays et une enquête sur les besoins des entreprises. Cette première approche esquisse des pistes d’actions à envisager sur le territoire du Pays d’Ouche.

 

Il en ressort  notamment :

-un besoin en matière de sites de formation (manque de locaux adaptés) pour d’éventuelles délocalisations de formation,

-des possibilités de développement de formations complémentaires délocalisées,

-la nécessité de lancer des actions pour revaloriser certaines professions auprès des jeunes, notamment dans l’industrie ou le bâtiment, par l’organisation de journées de découverte des entreprises, de forums de métiers, d’actions de communication pour faire connaître les entreprises, …

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F – Favoriser l’insertion des personnes en difficulté

L’un des enjeux est de coordonner l’ensemble des services et structures mobilisés autour de l’insertion afin de développer sur le territoire un dispositif efficace et pertinent. Une approche globale sur le thème de l’insertion devra être engagée et mise en perspective avec les besoins du tissu des entreprises locales et ceux des collectivités locales.

 

Pour ce faire, il est nécessaire de mener une analyse fine des interventions existantes en fonction des publics (16-25 ans, personnes de plus 50 ans, personnes en situation de chômage de longue durée, ..). L’ensemble de cette réflexion pourra aboutir au final à la mise en place d’un dispositif tel que le Plan Pluriannuel pour l’Insertion et l’Emploi ou d’actions permettant la mise en cohérence des interventions publiques liées à l’emploi. L’objectif est de disposer d’une plate-forme pouvant coordonner et activer les programmes et dispositifs existants, voire définir et mettre en œuvre les actions nouvelles en matière d’insertion (chantiers écoles, actions de formation, structures d’insertion, actions liées à la mobilité,…).

 
 
Orientations liées au tourisme
Le Pays d’Ouche ornais ne dispose pas d’un potentiel touristique aussi important que certaines autres régions de la Normandie (absence de sites – phares, capacité d’hébergement et d’accueil limité, patrimoine historique relativement modeste…). Il reste que ses atouts sont réels et insuffisamment connus, notamment au sein des bassins de population proches comme celui de l’Ile de France ou même des grandes villes normandes. Pourtant, le Pays d’Ouche Ornais constitue l’une des « portes » de la Basse-Normandie et la plus importante de l’Orne, dispose d’atouts touristiques et se situe à 1 heure de Paris. Il permet un tourisme pluri-thématiques basé sur un patrimoine historique et naturel de qualité ainsi que sur quelques activités de loisirs. Néanmoins, cette offre doit être étoffée et structurée. Le Pays doit permettre de la rendre cohérente en fédérant tous les acteurs et en renforçant les partenariats avec les territoires voisins : Avre et Iton, Risle – Charentonne. I / Valoriser et développer les activités en fonction de cibles de clientèles à atteindre

La diversité des champs de produits (patrimoine, culture, loisirs, terroir) et la spécificité de l’hébergement (rural de qualité) conduisent naturellement à cibler une clientèle de proximité pour des courts séjours (bassins rouennais et parisien) et une clientèle de moyens séjours (français, étrangers) qui pourra graviter sur le Pays ou sur les territoires environnants.

Nombre de produits existent et les potentialités sont nombreuses. Encore faut-il en renouveler l’attractivité, les diversifier ou en créer de nouveaux.

A - S’appuyer sur les produits existants et en créer de nouveaux

Il sera important de définir les besoins avec les professionnels, les associations et les collectivités, de hiérarchiser les interventions possibles, et de mettre en place de nouveaux produits ou circuits. Les premières réflexions et partenariats engagés permettent d’esquisser certaines orientations majeures. En effet, il s’agira d’aider et de faire évoluer certains lieux de visite particulièrement évocateurs de l’histoire du Pays d’Ouche :
-La Forge d’Aube (l’une des forges hydrauliques les mieux préservées en Europe),
-Le centre d’interprétation de l’Aiguille (projet de l’entreprise BOHIN)
-Le musée de la Comtesse de Ségur,
-L’Abbaye de St Evroult.
-…
 

B - Valoriser les ressources naturelles et de loisirs

Il paraît intéressant d’adapter les produits existants pour des publics très ciblés. Ainsi, certaines prestations très structurées pourraient être adaptées aux pêcheurs, aux cyclotouristes, VTTistes, ou passionnés de la nature (Cf : Orientations liées à l’Environnement). Le développement et l’aménagement des chemins de randonnée sur le territoire sont nécessaires afin d’asseoir l’offre touristique. Ce développement pourrait passer, dorénavant, par la création de chemins thématiques ou d’interprétation.

Par ailleurs, le développement du tourisme vert devra s’appuyer sur le monde agricole afin de disposer d’une offre cohérente avec l’image que le territoire souhaite développer. Cet appui se traduira au niveau de l’hébergement mais également au niveau des animations (fermes pédagogiques, fermes équestres…) ou au niveau des produits du terroir (Cf : orientations liées à l’agriculture).

Enfin, les villages présentent une réelle qualité patrimoniale et environnementale et pourraient accueillir des manifestations sortant de leur vocation habituelle. Pourraient y être organisés, notamment, des soirées ou des week-end thématiques.

II / Améliorer l’offre d’hébergement

Le Pays dispose pour l’essentiel d’un hébergement rural de qualité (gîtes et chambres d’hôtes), qui, à certains moments et pour certaines clientèles, s’avère insuffisant.

Conforter l’hébergement rural : Il s’agira tout d’abord de pérenniser l’existant. On peut envisager de lier hébergement et produit en spécialisant certains hébergements selon le potentiel se trouvant à proximité (gîtes d’étape ou de séjours, gîte-pêche, gîte-randonnées que ce soit à pied, à cheval, en VTT…).

D’autre part, il faut inciter le développement de cet hébergement rural. L’objectif est de pouvoir accroître l’offre d’hébergement et ainsi assurer une offre constante qu’elle soit d’initiative privée ou publique.

Développer une hôtellerie de terroir : Les hébergements plus standardisés, de type hôtel, sont concurrencés par l’offre environnante, rouennaise notamment. Cependant, il est nécessaire d’offrir sur le territoire une offre en la matière. Pour ce faire, il conviendrait d’accompagner la création de structures de type « Auberge de Pays » comprenant restauration et hébergement.

Aires de services pour les camping-car : Le développement exponentiel de l’utilisation du camping-car impose au territoire d’offrir des aires d’accueil adaptées. Il s’agira de créer un ou deux sites d’accueil supplémentaires sur le territoire.

III / Structurer de manière pertinente les acteurs touristiques

C - Tendre vers une inscription « Pays d’Accueil Touristique »

L’ensemble de la démarche proposée vise à tendre, à moyen terme, vers la labellisation en « Pays d’Accueil Touristique ». Cette reconnaissance repose sur 6 conditions :

  • un groupement intercommunal : la structure Pays
  • un projet de développement pluriannuel : le volet tourisme de la charte de Pays peut correspondre à cette exigence.
  • un plan d’actions annuel : il peut s’agir de la déclinaison de la charte, volet tourisme, en programme d’actions.
  • une implication des associations et des prestataires : c’est l’objectif de la démarche Pays qui est de prendre en compte l’ensemble des acteurs du tourisme. La mise en place d’une structure de développement et de promotion touristique facilitera cette association.
  • un assistant technique : une politique touristique offensive ne peut pas se concevoir sans une équipe de professionnels du tourisme compétente pour développer et promouvoir l’activité touristique du Pays.
  • un budget spécifique : cette condition technique ne posera aucune difficulté si une structure de développement et de promotion touristique est mise en place.
D - Assurer une Promotion et une communication partagées

Des actions de communication ont déjà été engagées, notamment par Pays d’Ouche Développement, mais elles doivent être amplifiées.

La création d’un OTSI de Pays à partir de l’Office de tourisme existant avec des antennes estivales permettra un accueil structuré à l’échelle du Pays et d’envisager une fédération des acteurs touristiques. Cette fédération constitue une condition préalable et sine qua non à la mise en place d’une politique touristique du Pays, clef de réussite du programme d’actions proposé.

En effet, ces échanges permettront aux acteurs :

- de s’enrichir mutuellement en partageant leurs expériences.
- de développer un sentiment idenditaire : les touristes doivent à tout moment percevoir la dynamique du Pays et ressentir que le pays les accueille dans toutes ses composantes.
-d’imaginer des complémentarités, de nouveaux produits : on captera la clientèle de court et moyen séjour en lui proposant un panel d’activités cohérent et adapté à son temps de séjour. Pour ce faire, il faut harmoniser les produits et leur calendrier. Cette dynamique locale permettra de construire des produits globaux et des outils de promotion adaptés.

La déclinaison des supports de communication assurera l’efficacité de la communication à l’échelle du Pays et renforcera son identité.

Sous la rubrique « support », on regroupe :

  • l’ensemble de la signalétique directionnelle et informative
  • l’ensemble des publications en direction de clients potentiels (accroche)
  • l’ensemble des publications à destination des résidents locaux, des résidents secondaires, des touristes sur place (guides des activités et des manifestations locales)
  • la création d’un site internet Pays
  • la création de bornes interactives

 
Orientations liées à l’Agriculture
I / Agir pour le maintien des activités agricoles

Le Pays d’Ouche comme de nombreux autres territoires ruraux doit faire face à une réduction du nombre d’exploitants agricoles. Le nombre de départs supérieur au nombre d’installations entraîne un risque d’appauvrissement global du territoire (un nombre réduit d’actifs, un agrandissement progressif des exploitations).

Ce constat nécessite un accompagnement particulier du secteur agricole sur deux aspects :
 

A - Le suivi des activités et des transmissions d’entreprises

L’ensemble des acteurs de la profession agricole (GVA, Chambre d’Agriculture, DDAF, ADASEA…) doit se mobiliser afin de maintenir le potentiel de production, l’installation des jeunes et la transmission des exploitations.

Pour ce faire, il semble nécessaire de travailler en amont de toute cessation d’activités. La création d’un observatoire pays visant à suivre en continu les actifs agricoles et l’activité (quota laitier, production animale, production céréalière, activités liées au cheval…) permettra d’adapter en permanence les actions à mettre en place en fil du temps (sensibilisation, promotion de formules de mise en commun des moyens (GAEC, ….).

B - Le maintien de la compétitivité des exploitations

Le maintien de l’activité agricole passe et passera par une compétitivité plus accrue des exploitations. L’accroissement de cette compétitivité, hors politique communautaire, passe par une réduction des charges.

Dans le cadre de cet objectif, il s’agira d’accompagner les exploitants agricoles en créant les conditions nécessaires au maintien de la compétitivité des exploitations. L’accompagnement et l’encouragement à la création de groupements d’employeurs, à l’achat de matériel et la construction de bâtiments en commun peuvent être des pistes d’actions envisageables sur le volet « salariat et équipement », l’accroissement de l’autonomie alimentaire des élevages, la revalorisation de la place des prairies, … peuvent être des pistes d’opérations sur le volet « production et gestion de l’espace ».

Dans le cadre de cette démarche, le Pays souhaite encourager les exploitants à expérimenter de telles pratiques afin de les étendre par la suite. Des formations-actions permanentes pourront être ainsi réalisées afin de sensibiliser et d’accompagner le monde agricole dans ces évolutions.

II / Accroître la valeur ajoutée des productions dans le cadre de démarches de qualité

Afin de se démarquer « commercialement » de manière notable des productions agricoles traditionnelles, l’inscription d’un certain nombre d’agriculteurs dans des démarches de labellisation et de transformation de produits agricoles permettra une recherche de valeur ajoutée plus favorable et assura une diversification de l’exploitation.

Jusqu'à présent, les agriculteurs du Pays d’Ouche se sont peu orientés dans cette voie. Une démarche de sensibilisation, de communication et d’accompagnement au changement sera nécessaire afin d’atteindre les objectifs fixés quelle que soit l’orientation prise.

Cette mesure concourt à renforcer l’attractivité du territoire, notamment touristique et à développer une image axée sur la reconnaissance des produits de qualité.

C – Conforter et développer des productions identifiées

L’objectif n’est pas de labelliser l’ensemble des productions agricoles mais d’optimiser le potentiel du territoire en s’inscrivant dans des démarches nationales et régionales et plus généralement de conforter et de développer tous les modes de production permettant de dégager une nouvelle plus value.
 

Ainsi, un accompagnement spécifique peut être envisagé :
  • Appui à la relance de la production ovine (production traditionnelle du Pays d’Ouche) qui nécessite de faibles investissements et concoure utilement à maintenir la production en herbe (en particulier pour les surfaces sans quota laitier)
  • éveloppement de labels de viande bovine (Bœuf des Pays Normands, etc)
  • Création d’une filière de valorisation des céréales et oléoprotéagineux
  • Favoriser le développement de produits bénéficiant d’une plus forte valeur ajoutée (production bio, de terroir, …)
D – Favoriser la transformation individuelle et industrielle

Le diagnostic a montré l’absence de filière agroalimentaire sur le territoire du Pays d’Ouche. Il s’agira dans le cadre de cette sous-mesure d’impulser des dynamiques individuelles ou collectives en assurant un accompagnement technique et financier des exploitants désireux de s’engager dans ce type de démarche.

L’appui à toutes initiatives de nouveaux créneaux de productions comme les fromages anciens « oubliés » (fromage de Gauville), ou de produits frais (yaourts, crème, …) nécessite des campagnes de sensibilisation, un accompagnement en amont du projet et lors de l’investissement.

III / Promouvoir l’Agrotourisme

La profession agricole peut renforcer son positionnement sur le secteur touristique dans la mesure où le tourisme rural est depuis plus de vingt ans en constante évolution et que l’ensemble des experts touristiques pronostiquent des marges importantes d’évolution.

Cependant, le tourisme rural et le référentiel qui lui est associé par la clientèle, ont fortement évolué ces dernières années. Un accueil en chambres d’hôtes ou en gîtes ruraux ne suffit plus à satisfaire les touristes. La professionnalisation des acteurs et la diversités des activités ou produits proposés sont impératifs afin d’asseoir ce développement sur des bases pérennes.

E – Développer et coordonner un réseau local

L’objectif de cette sous-mesure consiste à développer un réseau local d’exploitants sous des labels nationaux de type « Bienvenue à la ferme » ou « Gîte de France » et dont l’objectif serait de promouvoir les ventes directes de produits fermiers (charcuterie, volaille, produits laitiers ultra-frais, etc…) mais également les formules de restauration et  d’hébergement (ferme découverte, ferme auberge, camping à la ferme, …).

Un maillage du Pays serait ainsi recherché permettant de renvoyer sur l’ensemble de son territoire des touristes en quête de produits et de traditions normandes.

Il est nécessaire, au-delà de l’accompagnement des projets, d’organiser des actions d’information et de professionnalisation sur les activités d’accueil pour les porteurs de projets mais également pour les exploitants proposant actuellement de telles activités.

F – Développer le tourisme équestre

L’Orne dispose d’une renommée nationale voire internationale avec la présence du Haras du Pin. L’activité équine est importante dans le département et notamment sur le Pays d’Ouche.

La constitution d’une offre touristique liée à l’activité équestre est envisageable sur le Pays si celle-ci s’organise au niveau des chemins de randonnée, des aires de repos pour les chevaux, des hébergements spécifiques (cavaliers, chevaux) et si des connexions avec les territoires voisins sont  envisageables (PAPAO par exemple).

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Orientations liées à l’environnement
I / Préserver et reconquérir la qualité des ressources en eaux (souterraines et superficielles) et des milieux aquatiques

Comme l’ont montré les investigations environnementales du diagnostic, la protection de la qualité de la ressource en eau est un enjeu très dépendant – particulièrement dans le contexte géologique local – de l’agriculture, de l’industrie et des rejets urbains. L’approche doit donc être globale.

L’eau devra faire l’objet d’une attention particulière dans les actions menées par le Pays dans la mesure où cette eau :
  • est une ressource essentielle et limitée,
  • a structuré économiquement le territoire (métallurgie)
  • a des potentialités de valorisation touristique
  • est un gage de partenariat efficace avec les territoires voisins (bassins versants)


Plusieurs mesures devront être prises afin de concilier la préservation du milieu naturel avec sa valorisation à des fins de développement au service du territoire.

A – Associer le Pays aux politiques et actions

Ceci signifie que le Pays doit être associé aux politiques et actions mises en œuvre par les différents partenaires pour préserver la qualité des ressources en eau et des milieux aquatiques (notamment pour ce qui concerne la connaissance de la ressource, la définition de programmes et la mise en œuvre d’actions).

Le Pays devra jouer un rôle de relais de l’information auprès des partenaires et des communes ainsi que de sensibilisation et mettre en place un certain nombre de moyens d’incitations.

Il pourrait assurer une mission de coordination sur le territoire, en étant associé par exemple à l’élaboration des SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) des bassins versants de la Risle, de la Charentonne et l’Iton.

La protection de la ressource étant difficile en raison de sa complexité et des interactions fortes entre les eaux souterraines et les eaux superficielles, le Pays doit permettre également une meilleure maîtrise des actions de protection en :
  • favorisant la connaissance de la ressource souterraine : circulation des eaux depuis la surface vers la nappe de la craie en système karstique complexe (perte, bétoires….)
  •  participant au financement des mesures nécessaires à la mise en place des périmètres de protection des captages.
Il conviendra également d’accompagner les actions des acteurs concernés par l’introduction de produits polluants dans les eaux. 
Pour cela, le Pays continuera à soutenir la diminution des rejets polluants d’origine agricole, industriel et urbaine à travers :
  • L’appui et l’incitation à la mise en place de Contrats Territoriaux d’Exploitation (CTE) organisés à l’échelle d’entités géographiques (vallées, bassins d’alimentation de captages…) intégrant des mesures en faveur de l’environnement,
  • L’amélioration du suivi des parcelles, la sensibilisation des agriculteurs aux méthodes de production plus respectueuses de l’environnement (diminution des intrants….)
  • L’engagement d’une réflexion sur le devenir des boues de stations d’épuration
  • L’appui au Département pour la mise en place d’un conseil aux collectivités pour l’organisation du contrôle et du suivi de l’assainissement autonome.
II / Préserver l’identité paysagère du Pays d’Ouche

B – Mise en oeuvre des préconisations de la Charte Paysagère

La charte paysagère réalisée en 2001 à l’échelle du Pays d’Ouche a permis de mieux comprendre le paysage et son évolution, de définir un projet pour le paysage et enfin de s’engager sur des objectifs et des moyens précis.

A partir de l’inventaire et de la hiérarchisation des secteurs du Pays, des modes de valorisation appropriés ont été proposés dans le cadre d’une politique d’actions et d’orientations fortes. Par exemple :
 

  • une répartition des rôles entre les différents acteurs et la coordination des actions. Les agriculteurs ne pouvant plus assurer seuls la fonction de gestionnaires des haies et du bocage, d’autres acteurs doivent s’inscrire de façon complémentaire pour cet entretien.
  • Des mesures favorisant la plantation des haies constitutives du maillage bocager (essences locales) notamment en périphérie des espaces agricoles pour rechercher l’impact le plus visible sur le paysage.
En parallèle, la préservation du patrimoine bâti devra faire l’objet d’une attention spécifique afin de conserver et rendre attractifs les villages qui ponctuent le paysage :

-Encouragement à l’utilisation de matériaux et techniques de construction respectueux du patrimoine local et à la rénovation du bâti rural.
-Développement d’actions ciblées avec comme double objectif la sensibilisation des habitants et suppression de points noirs : ramassage de bâches et de bidons plastiques, nettoyage des berges, etc…

C – Sensibilisation du public aux enjeux de l’environnement du pays

La sensibilisation à l’environnement, constitue un élément important pour atteindre à long terme ces objectifs de préservation et de valorisation du milieu naturel.

Il s’agira dans le cadre des démarches qui seront mises en œuvre de définir un programme d’actions approprié, en direction de trois cibles (le jeune public ; les habitants du pays ; les visiteurs extérieurs )

Cette démarche de sensibilisation pourra porter sur plusieurs thématiques. 

A titre d’exemple :
  • des actions de sensibilisation portant sur l’impact des usages par les particuliers de produits phytosanitaires et d’engrais sur la qualité de l’eau ; le rôle de certaines plantations d’ornement dans la banalisation du paysage, la promotion des pratiques et espèces locales etc…
  • sensibilisation des milieux scolaires du Pays : une classe verte (réaffectation d’une école fermée), visites de découverte de la nature, programmes pédagogiques, circuits, conférences, etc….
  • Edition de documents pédagogiques : guide des plantations, guide de découverte des richesses naturelles, guide de compréhension du paysage, …
III / Valoriser le milieu naturel au service du territoire

D – Valoriser les sites naturels

Le Pays s’attachera donc à valoriser le milieu naturel comme élément clé de cette attractivité, tout en veillant à en préserver les équilibres.

L’ouverture et l’organisation de l’accès aux secteurs naturels à des fins de détente, de randonnées et de loisirs nécessitera de :
-Coordonner les réflexions avec les différents partenaires concernés (l’ONF, la DIREN, collectivités locales….), sur le balisage de sentiers et la localisation d’activités récréatives diverses (GR de Pays, Circuits de VTT, de randonnées, d’équitation, etc….)
-Engager une réflexion globale sur l’aménagement d’itinéraires cyclistes et piétons assurant une meilleure continuité entre les espaces urbains et ruraux. (Circuits : vélo-route, voies vertes, chemin du Mont Saint Michel,…)
E  – Valoriser les cours d’eau et l’exploitation de la ressource piscicole

La Guiel, la Charentonne, la Risle, et l’Iton sont les quatre rivières dont une valorisation est envisageable et une mise en tourisme pertinente. Pour ce faire, il s’agira de :

  • poursuivre les actions d’entretien des cours d’eau et des berges, dans le respect de la sensibilité et des caractéristiques des milieux aquatiques.
  • mettre en valeur le potentiel des rivières Risle et Iton : gestion patrimoniale des espèces (favoriser les espèces sauvages), suppression des obstacles hydrauliques limitant le potentiel piscicole, maîtrise de l’occupation du sol dans la vallée (mise en place de « bandes herbeuses » telles que définies par les Agences de l’eau…),
  • préserver et mettre en valeur les milieux aquatiques de la Guiel et de la Charentonne ;
Par ailleurs, il semble important dans le cadre d’une exploitation rigoureuse de la ressource piscicole de sensibiliser les collectivités locales gérantes des étangs de pêche sur l’incidence négative de ces étangs sur les milieux aquatiques et sur la nécessité de pratiquer une gestion piscicole adaptée.
F – Valorisation énergétique

Le milieu naturel peut être mis à profit au travers d’une valorisation énergétique des différentes ressources du territoire (bois, vent, eau, …).
A titre d’exemple, et au-delà de l’usage domestique du bois en bûches, le bois-énergie se présente sous des formes très diverses qui ont en commun leur difficulté à trouver des débouchés; résidus bocagers et forestiers, sciures, écorces, bois "en fin de vie" (palettes et cagettes usagées,...). La valorisation énergétique du bois au travers de chaufferies collectives ou individuelles mérite une attention particulière qui pourrait être soutenue dans le cadre du Pays.
Cette valorisation jouera un rôle économique, écologique et paysager indéniable sur le territoire.

Par ailleurs, et toujours à titre d’exemple, la production d'électricité à partir d'énergie éolienne a connu ces dernières années un développement important en Europe. En France, cette source d'électricité est assez mal connue. Toutefois, parce qu'elle participe à la lutte contre le changement climatique l'énergie éolienne est devenue une priorité au plan national. Cette forme de production d'électricité permet de réduire notre dépendance énergétique, d'épargner des ressources épuisables et de créer de l'activité économique locale et de l'emploi.

Le Pays peut et doit être l’instance locale en matière de réflexion et de développement de sources d’énergie nouvelles sur son territoire.

charte2

 
 
Orientations liées aux services à la personne
I / Développer l’offre de services non-marchands, maintenir les services publics

Le Pays aura pour ambition à la fois de développer l’offre de services non-marchands et de maintenir les services publics. Il faudra pour cela rechercher des fonctions complémentaires entre le pôle urbain central et les chefs-lieux des espaces ruraux sur lesquels on s’appuiera afin d’assurer des fonctions de relais et de proximité.
 

A – Assurer une égalité d’accès aux services à la personne

A partir d’une identification des besoins actuels et futurs concernant les services essentiels : aide à domicile pour les personnes âgées et les malades, assistance familiale, accueil et garde d’enfants, soutien aux handicapés, etc… Le pays favorisera les initiatives collectives visant à développer la communication et l’implantation de structures fournissant des services à la personne (ménage, garde d’enfants, bricolage, entretien…).

Par ailleurs, la création ou l’amélioration des équipements d’accueil pour la petite enfance pourra être envisagée, de même que l’amélioration des équipements scolaires et péri-scolaires.

Enfin, la structure pays se positionne comme partenaire des projets de l’hôpital de L’Aigle et des actions en faveur de la santé pour tous.

B – Maintenir les principaux services publics

Il s’agit de maintenir et d’améliorer l’accès aux services publics. En milieu rural, l’accès des usagers à ces services est parfois rendu difficile par l’éloignement, voire le départ, de certaines administrations. Il s’agira d’étudier la faisabilité de solutions alternatives basées sur la polyvalence des services : politique de guichets uniques, mise en réseau des opérateurs privés et publics, mutualisation des moyens, recours aux Technologies de la Communication et de l’Information, etc…

Pour ce faire, il est important d’analyser la demande et l’offre en la matière, mais aussi les évolutions éventuelles, et ainsi de créer un réseau de " maisons de services publics " sur le territoire en partenariat avec les services déconcentrés de l’Etat et les entreprises publiques.

II / Elargir et faciliter l’accès aux équipements culturels, sportifs et de loisirs, etc…

Le Pays doit mettre en place des conditions améliorées d’accès aux équipements en valorisant les points forts existants ou en devenir (équipements sportifs et de loisir, médiathèque, diffusion culturelle, etc…)

La population du Pays est concernée dans son ensemble par ces actions, mais aussi les habitants des résidences secondaires et les touristes.
 

C – Développer les équipements sportifs et culturels

La démarche dans laquelle s’inscrit le Pays consiste à favoriser l’innovation et la pratique sportive. En effet, il apparaît important de proposer aux habitants des équipements diversifiés et adaptés aux nouvelles demandes. Dans le cadre du projet de développement, un soutien spécifique en direction des projets novateurs sera apporté. Par ailleurs, la modernisation des équipements actuels permettra de répondre à certaines attentes et réglementations.

L’objectif consiste à coordonner la mise en place d’équipements structurants sur le territoire, à fixer des objectifs de réalisation et de répartition géographique,

Par ailleurs, le territoire du Pays dispose d’un certain nombre de bibliothèques / médiathèques, d’espaces d’exposition, … Il s’agira dans le cadre d’une démarche partagée de favoriser l’adaptation et le développement des espaces ayant vocation d’accueil et de diffusion culturelle.

En effet, il semble nécessaire de densifier le territoire en la matière et de développer les équipements existants en proposant de nouveaux services. Par exemple, il est envisageable de développer des espaces multimédias (Espace Public Numérique, …) ou tout autre type d’activités.
Un projet émerge actuellement ; il s’agit de la création d’un équipement « médiathèque » à l’Aigle qui s’accompagnera de la mise en place d’un réseau de consultation et d’accès aux bibliothèques. En tout point du territoire, le public aura accès à l’ensemble des ressources documentaires du Pays. Les lieux ressources seront équipés en Nouvelles Technologie d’Information et de Communication.

D – Favoriser l’accès et les pratiques culturelles, sportives et de loisirs

La politique mise en œuvre en matière d’équipements sportifs, et culturels doit être accompagnée par une politique favorisant l’accès à ces équipements et les pratiques culturelles, sportives et de loisirs. Il s’agira de travailler l’information, la mutualisation des énergies associatives, les conditions d’accès aux équipements (transport, politique tarifaire).

Pour ce faire, il paraît nécessaire :
-D’éditer un guide annuel « Pays » des activités culturelles, sportives et de loisirs afin d’informer les habitants sur l’ensemble des pratiques pouvant être exercées sur le territoire.
-De mettre en place un passeport d’accès aux équipements culturels et de loisirs du Pays d’Ouche : équipements sportifs, de loisirs, culturel à destination des habitants et des visiteurs extérieurs.
-D’étendre la diffusion culturelle aux cantons ruraux. La coordination des programmes et des actions permettra l’optimisation de moyens et le foisonnement de projets. Des formules particulières de diffusion (spectacles itinérants, de plein air..) permettront un élargissement de l’offre.

Par ailleurs, des manifestations sportives d’envergure Pays sont à envisager afin de faire connaître le territoire mais également de rapprocher par la même occasion différents clubs autour d’un projet commun.

III / Développer une politique de l’habitat
Dans ce domaine, c’est aussi l’organisation et la prise en main du développement souhaité qui priment.

E - Développement du locatif

La diversification de l’offre en matière d’habitat est primordiale pour qu’un territoire soit attractif. En effet, une politique en la matière doit répondre à la fois aux besoins de logements sociaux, locatifs et d’accession à la propriété, tout en répondant aux besoins d’accueil des jeunes, des cadres, des personnes âgées…

On constate un certain déficit en matière de logements locatifs et il apparaît  indispensable de développer des types d’habitat adaptés pour assurer une offre diversifiée.

Les choix politiques concernant la population que l’on souhaite accueillir (jeunes, personnes âgées, familles, …) conditionneront le type de logement, ces créations devant se faire dans le souci de 

  • mixité du logement : accession à la propriété, offre locative suffisante et diversifiée
  • répartition des différents types de logements afin d’éviter une concentration d’un seul type de logement à l’échelle communale
 
F - Rénovation du patrimoine bâti

Pour son image, le Pays doit être vigilant à la cohérence des différents types de bâti. Cette préoccupation devra être reprise dans les objectifs de la planification. L’harmonie entre le bâti récent et l’ancien sera facilitée si on ne laisse pas ce dernier se dégrader, l’écart esthétique devenant trop important. De plus, ce patrimoine bâti, et notamment les constructions en briques rouges, font partie de l’identité du Pays.

Dès lors, il est primordial de le rénover. Un inventaire devrait être fait afin de déterminer le type et l’ampleur des opérations à mener.

Par ailleurs, la mise en valeur du patrimoine bâti et du petit patrimoine du pays est également l’une des composantes de l’attractivité d’un territoire en termes touristiques.

Orientations liées à l’organisation du territoire
I / Disposer d’outils de planification

Le projet de territoire présenté jusqu’à présent nécessite une spatialisation et une planification territoriale.

Cela conduit le territoire à articuler efficacement, dans le cadre des réflexions stratégiques, les trois lois suivantes :

-Loi d’Orientation pour l’Aménagement et le Développement Durable du Territoire (Définition du projet de territoire)
- Loi pour la simplification et pour le renforcement de la coopération  intercommunale (Définition des maîtrises d’ouvrage des opérations et des actions)
-Loi « Solidarité et Renouvellement Urbain » et notamment le volet relatif aux Schémas de Cohérence Territoriale (Déclinaison du projet de territoire dans le cadre des documents d’urbanisme)

A – Etudier la mise en place d’un S.C.O.T. à l’échelle du Pays

Le territoire du Pays d’Ouche, bien qu’il ne soit pas concerné par la règle de constructibilité limitée, envisage la mise en place d’un Schéma de Cohérence Territoriale afin de traduire son projet de développement durable dans le cadre d’un document de niveau supérieur impliquant le principe de compatibilité des documents de niveau inférieur :

-documents de planification sectorielle : Plan Local de l’Habitat, Plan de Déplacements Urbains, Schéma de Développement Commercial ;
-document d’urbanisme : Plan Local d’Urbanisme, Carte Communale, … ;
-certaines opérations foncières : Zone d’aménagement concerté, ….
 

B – Elaborer un Schéma de Développement Commercial

La démarche de Pays dans laquelle se sont inscrits les élus du territoire vise à renforcer l’attractivité du Pays dans son ensemble tout en préservant l’équilibre ville – campagne.

Il s’agira de disposer d’un outil prospectif visant à développer une politique ambitieuse en matière développement commercial afin de renforcer le pôle urbain, L’Aigle, dans son offre de services (quels types d’équipement commercial sont encourager afin de limiter une évasion de clientèle ?) tout en offrant aux territoires ruraux des possibilités de maintien voir de développement de leur activité commerciale.

II / Etre force de proposition en matière de développement d’infrastructures

Le Pays n’a pas de compétence particulière en matière d’infrastructures routières, ferroviaires, T.I.C. ; cependant, il peut être une véritable force de proposition locale et d’accompagnement des politiques régionales, départementales et notamment pour  inciter les opérateurs téléphoniques à développer une offre haut-débit et téléphonie mobile pertinente.

C – Mobiliser les pouvoirs publics en matière d’infrastructures routières et ferroviaires

L’efficacité des infrastructures routière et ferroviaire est vecteur de développement si celles-ci sont anticipées et accompagnées localement. Les enjeux pour le territoire sont donc importants.

Les infrastructures routières : le Pays d’Ouche et plus particulièrement le Pays d’Ouche Historique bénéficie et bénéficiera dans les années à venir d’un réseau autoroutier important :

Au Nord :

Caen – Rouen - Paris,
à l’Ouest :

Rouen – Alençon – Le Mans,

à l’Est :

Rouen – Evreux – Chartres

L’engagement d’un programme de modernisation de la RN26 - épine dorsale desservant le territoire - constitue, outre la réalisation prioritaire de l’A28, une nécessité de développement pour le Pays d’Ouche naturellement mais également pour le Pays d’Argentan Pays d’Auge Ornais et pour celui d’Avre et Iton. Des actions concertées de mobilisation, de sensibilisation et de rapprochement peuvent donc être envisagées avec ces territoires. Par ailleurs, il semble nécessaire d’améliorer le réseau des liaisons départementales reliant les principaux pôles secondaires du Pays (chef lieux de canton) afin d’assurer une réelle solidarité ville – campagne au sein même du territoire. Les Infrastructures ferroviaires : les flux domicile-travail vers la région parisienne sont en constante évolution, la proximité relative du Pays (1 heure de Paris) en étant la principale raison. Ce constat induira au fil du temps une demande de services plus performante de la part des usagers (augmentation de nombre des fréquences ; liaison directe vers Paris, …).

Le renforcement de la qualité de service de la liaison ferroviaire Paris – Granville, assurant régularité, fréquences, etc… devra s’accompagner d’une valorisation de la gare de l’Aigle comme point d’entrée du Pays d’Ouche.

D – Favoriser l’implantation des infrastructures T.I.C.

Le développement des Techniques d’Information et de Communication s’inscrit en filigrane dans l’ensemble du projet de territoire (développement économique, développement touristique, développement des services, …). La multiplication des usages, la multiplication des accès, l’accroissement des utilisateurs sont en mesure de modifier la vision des opérateurs d’autant plus s’ils sont associés en amont aux projets.

Il s’agira dans le cadre d’une politique ambitieuse en matière de développement des T.I.C. d’établir un partenariat efficace avec les opérateurs.

charte2 III / Développer une offre de transport public

Le transport public s’inscrit pleinement dans le cadre de la réflexion en matière d’organisation de l’espace. Le Pays définira avec les acteurs privés et publics, ainsi qu’avec les différentes collectivités, les actions à mettre en œuvre pour développer l’offre de transport afin de répondre aux besoins liés à l’accès des équipements et services.

Le Pays mènera une réflexion pour identifier et mesurer les besoins en fonction des publics et de l’offre actuelle. La réflexion conduite avec les différents partenaires (Conseil Général, Communautés de Communes, etc) s’orientera vers deux niveaux de service : l’un à l’échelle intercantonale, l’autre à l’échelle des territoires intercommunaux.

E – Organiser l’offre de transport collectif

En matière de transport, il est important que le Pays fasse connaître ses priorités auprès du Conseil Général, et rende public ses souhaits en matière de coordination et d’organisation des différentes dessertes de bus, afin de les rendre plus efficaces et plus fréquentes. Il s’agit ici de mettre en place un dispositif partenarial, sans avoir pour autant à mettre en place un outil spécifique Pays.

Il s’agira, par ailleurs, d’améliorer la qualité et la lisibilité des lignes régulières du réseau interurbain. La qualité de la desserte du territoire sera recherchée par une mise en cohérence des liaisons, des fréquences mais aussi par l’adaptation de l’offre en fonction des saisons et événements. F – Proposer des dispositifs adaptés et adaptables au milieu rural

En milieu rural, le transport collectif ne permet pas de résoudre l’ensemble des besoins de transport auxquels sont confrontés les usagers du fait le plus souvent d’un nombre de fréquences limité.

Cette problématique de transport renvoie plus globalement à celles liées à la mobilité des personnes et à l’isolement de celles-ci.

Le pays envisage de soutenir les initiatives innovantes en matière de transport à la demande, les projets de co-voiturage, etc.

Ainsi, il est envisagé de créer des services de transport à la demande de type taxis collectifs ou mini-bus  - pour les personnes âgées, les jeunes et les exclus non motorisés.