Diapo 1
: UN TERRITOIRE AUX CONFINS DE LA REGION PARISIENNE.
Le Pays : 28 000 habitants.
Une ville rayonnant sur l’ensemble
du territoire : L’Aigle (12 250 habitants) avec Rai et St-Sulpice-sur-Risle.
Deux autres chefs-lieux de
canton : La Ferté-Fresnel (720 habitants) et Moulins-la-Marche (770
habitants).
Une agglomération
mitoyenne au nord-est : Rugles (3 700 habitants avec Ambenay et Bois-Arnault)
Un territoire sous influence
de la région parisienne. Deux indicateurs :
- la part des actifs de la ville moyenne allant travailler
dans la principale Métropole (ici, Paris) ;
- près du tiers des nouveaux arrivants dans le Pays
d’Ouche viennent d’Ile-de-France.
« Le réseau
ainsi dessiné révèle la double attraction ; celle
diffuse, de la mer, et la polarisation parisienne. Chaque point sur les
lignes de force les subit inégalement et rayonne sur l’espace selon
sa fonction de nœud, la Basse-Seine au sommet de la hièrarchie.
(…) Entre les lignes, les mailles de l’espace rural sont autant de milieux
de vie particuliers, avec leurs bourgs-marchés ».
Diapo 2
: UN TERRITOIRE FAIBLEMENT PEUPLE
Zone de comparaison pertinente
: la Basse-Normandie sans les aires urbaines de Caen et Cherbourg (BN dans
la suite du texte). Sur toutes les cartes : routes et voie de chemin de
fer.
Une faible densité
de population (46 habitants au km² contre 60 en BN), excepté
autour de l’Aigle, la seule ville du territoire (L’Aigle, Rai et Aube).
Noter également une densité un peu plus élevée
à Moulins-la-Marche, la Ferté-Frênel et Sainte-Gauburge-Sainte-Colombe
(1 250 habitants), le principal bourg du territoire hors de la couronne
de l’Aigle.
« Plus précisément
s’opposent des secteurs densément peuplés, correspondant
aux régions urbanisées, et des campagnes vides, où
les densités sont celles de massif central (Perche et Ouche, Orne
centrale »).
Diapo 3 :
LA POPULATION SE STABILISE
La population s’est fortement
accrue
jusqu’au début des années 80, puis elle s’est stabilisée
depuis. En 40 ans, la croissance démographique du Pays d’Ouche a
été plus marquée que sur l’ensemble de la BN.
L’excédent des naissances
sur les décès compense tout juste le
déficit
migratoire qui s’est légèrement creusé au cours
des années quatre-vingt-dix, d’où la stabilisation de la
population observée. La baisse de la natalité (- 6 % en dix
ans) est moins marquée qu’au niveau régional (- 10 %), le
nombre d’enfants diminue par conséquent moins fortement qu’ailleurs
(- 7 % contre - 10 % en BN).
A noter : contrairement à
la région, le nombre de 0-3 ans (+ 2 %) et d’enfants d’âge
collège (+ 10 %) s’est accru, mais forte baisse en revanche de l’âge
primaire (- 18 % contre - 10 % en BN).
Diapo 4 :
DES EVOLUTIONS DEMOGRAPHIQUES CONTRASTEES
Indicateurs : évolution
de la population (trames) et des résidences principales (ronds)
1990-1999.
Curieusement, la population
s’est surtout accrue en milieu rural et a au contraire faiblement
augmenté, voire décru, dans la
région de L’Aigle.
Deux espaces situés aux confins du territoire ont perdu des habitants
: autour de
Moulins-la-Marche et, surtout, au nord-ouest de la
Ferté-Frênel.
Noter que des constructions neuves n’entraînent pas forcément
un accroissement de population (décohabitation).
Diapo 5 :
DES COMMUNES RURALES ATTRACTIVES
Indicateurs : solde
migratoire (ronds) et évolution de la population due aux migrations
(trames) entre 1990 et 1999, impact des migrations sur l’évolution
de la population (graphique).
La périurbanisation
de L’Aigle se poursuit, mais l’implantation de familles à la périphérie
est plus loin-taine, en témoigne la faible attractivité des
communes de l’immédiate périphérie (déficit
migratoire). La population baisse également au nord et au sud du
Pays suite au départ d’une partie de la population.
Le territoire est en réalité
peu
attractif. Le déficit migratoire est dû surtout au départ
des jeunes ou, plutôt, à un non-retour des jeunes après
leurs études (destination privilégiée, le Calvados,
et dans une moindre mesure l’Orne et l’Eure ; 14 % seulement vers Paris).
Les fuites concernent tous les diplômés dès le niveau
CAP-BEP et les jeunes migrants sont dans l’ensemble moins diplômés
qu’ailleurs, signe que le marché local a du mal à les retenir.
Le territoire a au contraire
accueilli davantage de couples âgés de 30 à 40 ans,
d’où une arrivée béné-fique d’enfants.
Cette installation de jeunes familles, dont la plupart vient de région
parisienne, freine par conséquent la baisse de la natalité
et celle du nombre d’enfants sur le territoire.
Les personnes âgées
affectionnent également le Pays d’Ouche, même si l’attractivité
s’est un peu atténuée. La plupart viennent de l’Orne et dans
une moindre mesure du Calvados et de l’Eure. Très peu de parisiens
en revanche parmi les personnes âgées qui élisent domicile
sur le territoire. Passés 75 ans, les départs sont
plus nombreux que les arrivées, en raison vraisemblablement du manque
de structures d’accueil, comme en témoigne la part relativement
faible de personnes âgées de plus de 75 ans vivant en maison
de retraite et en foyer-logement.
« L’exode rural est
ancien sur les confins orientaux, du Perche au Bray, proches de Paris,
mais le bocage a longtemps retenu une forte population qui complètait
sa subsistance par l’exode temporaire et saisonnier ».
Diapo 6 :
UNE MUTATION PROFONDE
L’installation de nouveaux
habitants a permis de mettre un terme à la baisse très importante
de popu-lation dans les trois CdC rurales du Pays. La population reste
néanmoins plutôt âgée dans ces parties du territoire,
comme le montre le solde naturel négatif. La région
de L’Aigle évolue à contre-courant puisqu’elle
perd des habitants depuis dix ans en raison du déficit migratoire
qui s’est fortement creusé dans les années 90. Deux raisons
majeures : la périurbanisation plus lointaine et le départ
des jeunes que l’agglomération parvient difficilement à retenir.
Diapo 7 :
SEPT HABITANTS SUR SEPT DANS L’AIRE URBAINE DE L’AIGLE
Indicateurs : aire urbaine
et espace rural, pôles de services intermédiaires (à
expliciter).
Cette carte, extraite de «
Territoires Vécus », visualise les parties urbaines et rurales
du territoire. Le rayonnement de L’Aigle sur le Pays est considérable
puisque sept habitants sur dix vivent dans l’aire urbaine de L’Aigle (la
moitié seulement en BN).
Comparé au reste de
la région, la population baisse notablement dans l’agglomération
(- 3,2 % contre - 0,3 % en BN) et croît plus fortement en milieu
rural (+ 2 % contre + 1 %). La croissance de l’emploi est par ailleurs
plus défavorable puisque l’aire urbaine perd de l’emploi (- 1 %
contre + 1 % en BN), ainsi que l’espace rural, la baisse étant
plus marquée qu’au niveau régional (- 14 % contre - 8 %).
L’installation de nouveaux habitants en milieu rural ne revitalise donc
pas significativement l’économie de ces territoires.
Cette carte permet également
d’apprécier la cohérence du Pays : le nord du Pays du
Perche et les communes au nord du territoire sont manifestement
tournées vers L’Aigle, les « bassins de vie » sont dans
l’ensemble bien englobés à quelques communes près
autour de Sap, Gacé et du Merlerault. Trois bassins de vie : l’Aigle,
Moulins-la-Marche
et la Ferté-Fresnel (faible attraction). Le Pays d’Ouche
ne délimite pas en revanche un vrai bassin économique,
comme l’attestent les flux de déplacement domicile-travail vers
Gacé, Rugles et surtout Verneuil-sur-Avre.
Diapo
8 : LA COURONNE PERIURBAINE DE L’AIGLE S’ETEND
La couronne périurbaine
s’étend surtout au nord et au sud de l’Aigle. La croissance de la
population observée dans la couronne (+ 3,9 %) est liée surtout
à cette extension (8 communes supplémentaire). Près
du tiers des habitants vivent en milieu rural, contre moins d’un quart
au niveau national.
Diapo 9 :
UNE MOSAÏQUE DE BOURGS ET DE PETITES VILLES
Evoquer l’enjeu stratégique
de ce
réseau de bourgs de services et de petites villes pour
la Basse-Normandie. D’où l’importance de soutenir le développement
des bourgs au sein du Pays d’Ouche.
La localisation de L’Aigle au cœur d’un vaste territoire
rural lui confère une fonction commerciale tout à fait essentielle.
Diapo 10
: UNE MOSAÏQUE DE BOURGS ET DE PETITES VILLES
Le territoire français
est constellé de petits bourgs que les habitants fréquentent
au quotidien pour accéder aux commerces et services de proximité
dont ils ont besoin. Globalement en pleine expan-sion, ils relaient les
bourgs et les villes en milieu périurbain. Leur ancrage est plus
difficile en milieu rural, la dévitalisation des territoires entraînant
la fermeture de nombreux commerces et servi-ces de proximité.
Dans le Pays : Sainte-Gauburge,
Aube et Glos-la-Ferrière. Noter l’attraction exercée par
Randonnai, Aspres, Gacé et le Sap. Cette carte montre que les EPCI
sont bien des espaces de proximité pour les habitants (habituellement,
les EPCI délimitent plutôt les bassins de vie).
Diapo 11
: UN TERRITOIRE PLUTÔT ÂGE
Indicateurs :
solde
naturel 1990-1999 et part des personnes âgées en
1999.
Le territoire est composé
de deux espaces bien distincts : l’Aigle et sa couronne, plutôt jeune,
et la partie rurale du Pays où vit une population plutôt âgée
(plus de décès que de naissances). Le développement
des services doit donc tenir compte de ces deux spécificités.
Comparé au reste de la région, la population du Pays d’Ouche
est sensiblement moins âgée et le vieillissement un peu moins
rapide, mais un habitant sur quatre a malgré tout plus de 60 ans
(aujourd’hui 26% en BN). Le nombre de personnes âgées a par
ailleurs progressé d’un quart en vingt ans (un tiers en BN).
Diapo 12
: LES ENFANTS A LA PERIPHERIE DE L’AIGLE
Indicateurs : familles
selon le nombre d’enfants (graphique) et part des - 15 ans (carte) en 1999.
Bien que le nombre d’enfants
baisse globalement, la présence de familles avec enfants à
la périphérie de L’Aigle exige sans doute de développement
de services adapté (garderies périscolaires, petite enfance,
loisirs etc.), pour notamment faciliter la vie des familles (plus de 80
% des femmes travaillent entre 25 et 50 ans, une proportion un peu plus
marquée qu’au niveau régional).
Diapo 13
: TENSIONS IMMOBILIERES AUTOUR DE L’AIGLE ?
Indicateurs : logements
vacants en 1999.
La périurbanisation
incite les familles à construire (terrains libres) ou rechercher
un logement autour de l’Aigle. Le faible taux de vacance (6%) semble révéler
une certaine tension sur le marché immobilier. Près d’un
logement sur dix construits avant 1949 est aujourd’hui vacant, une proportion
équivalente au niveau régional, offrant peut-être des
opportunités de logements à rénover. La vacance est
plus importante dans les parties rurales du Pays car ces espaces ont perdu
beaucoup d’habitants au cours des dernières années.
L’habitat semble être
un enjeu essentiel pour l’avenir du territoire. En croissance de 3 % au
niveau régional, le nombre de logements privés loués
a baissé au contraire de 4 % dans le Pays d’Ouche en l’espace de
dix ans. La part des logements construits entre 1990 et 1999 ne représente
par ailleurs que 6 % du parc de logements contre 8 % en Basse-Normandie,
signe que le volume de constructions neuves reste limité sur l’ensemble
du territoire.
Diapo 14
: UN ESPACE DE VILLEGIATURE
Indicateurs : part des
résidences secondaires en 1999 et capacité d’accueil touristique
en 1998.
La périurbanisation
a incité certaines familles à acheter des résidences
secondaires pour les transformer en résidences principales.
Le nombre de résidences secondaires a ainsi reculé de 8 %
en dix ans (+ 10 % en BN), cette baisse étant liée également
à l’installation de personnes âgées dans les résidences
secondaires qu’elles possédaient déjà (migrants).
Les résidences secondaires
représentent aujourd’hui 13 % de l’ensemble des logements du territoire
(15 % en 1990), une proportion inférieure à la moyenne régionale
(20 %). Elles occupent en revanche une place majeure dans les parties rurales
du Pays qui constituent de vrais espaces de villégiature les WE
et les vacances. En dehors de ces résidences secondaires, le Pays
d’Ouche n’est pas un territoire où les touristes séjournent,
comme l’atteste l’offre limitée de structures d’accueil touristique.
Deux communes se distinguent, Heugon et Saint-Evroult-Notre-Dame-des-Bois.
« Nous sommes encore
dans la couronne des loisirs parisiens, en prolongement du Pays d’Auge
».
Diapo 15
: DEUX EMPLOIS SUR TROIS DANS L’AGGLOMERATION DE L’AIGLE
Indicateurs : emplois
en 1999 et taxe professionnelle (taux et bases) en 2001.
L’emploi est très concentré
dans la région de L’Aigle. Excepté Nomel SA à la Ferté-Fresnel
et Wagon Automotive à Sainte-Gauburge, les grands employeurs du
territoire se trouvent tous à L’Aigle, Rai, Saint-Sulpice ou Aube.
Noter les bases élevées à Rai où se situe l’entreprise
Tréfimétaux, le second employeur du territoire après
le centre hospitalier de L’Aigle. En 1999, les trois quart des emplois
s’exercent dans la seule agglomération de L’Aigle. Moulins-la-Marche,
la Ferté-Fresnel, et Sainte-Gauburge constituent les autres principaux
pôles économiques. Au regard des taux d’imposition, la pression
fiscale n’est pas très élevée sur le territoire, un
facteur favorable pour l’implantation d’entreprises, même si celles-ci
sont plus sensibles à la localisation géographique, aux communications
et à la qualité de l’offre de services à la population
et aux entreprises.
Diapo 16:
CROISSANCE DE L’EMPLOI A L’AIGLE ET A LA FERTE-FRESNEL
Indicateurs : évolution
de l’emploi en % (trame) et en nombre (ronds) entre 1990 et 1999.
Près de 10 000 emplois
s’exercent sur le territoire en 1999, en recul de plus de 4 % en l’espace
de dix ans. Pratiquement toutes les communes perdent de l’emploi, excepté
L’Aigle et La Ferté-Fresnel, ainsi que quelques communes comme Saint-Symphorien-des-Bruyères
(entreprise Frenehard et Michaux). La croissance de l’emploi dans l’agglomération
de L’Aigle reste limitée (+ 1 %) comparée à l’ensemble
des pôles urbains de la région (+ 4 %). Le recul de l’emploi
montre que l’économie du territoire peine à se restructurer,
l’essentiel des pertes étant concentrées dans l’industrie
(- 600 emplois) et dans l’agriculture (- 550). La chute des effectifs agricoles
explique la baisse de l’emploi dans la plupart des communes du Pays.
Diapo 17
: UN ACTIF SUR DIX DANS L’AGRICULTURE
Indicateurs : part de
l’emploi agricole (trame) et nombre d’agriculteurs (ronds) en 1999.
Malgré le déclin
continu de l’emploi agricole sur le territoire (près de la moitié
des exploitants agricoles et plus du tiers des effectifs globaux en l’espace
de dix ans), l’agriculture occupe toujours une place majeure dans l’économie
du Pays d’Ouche. Près d’un actif sur dix travaille dans ce secteur,
une proportion légèrement inférieure à la moyenne
régionale (11 %). Comparé à l’ensemble de la région,
la taille des exploitations est globalement plus élevée (96
ha contre 64 en BN) et leur surface moyenne s’est accrue à un rythme
plus rapide en l’espace de douze ans (+ 68 % contre + 55 % en BN) malgré
leur taille déjà élevée. Curieusement, le nombre
de salariés agricoles a lui reculé de 17 % en dix ans, alors
que l’élévation de la taille moyenne des exploitations nécessite
davantage d’ouvriers agricoles en Basse-Normandie (+ 11 %).
La disparitions de nombreuses
exploitations (plus d’un tiers en douze ans) a entraîné un
rajeunissement sensible de la profession. Comparé au reste de la
région, les agriculteurs du Pays d’Ouche sont dans l’ensemble un
peu plus jeunes. En terme de production, quelques spécialisations
caractérisent l’agriculture du Pays : les céréales,
le colza, les volailles, les chevaux dans la partie du Merlerault et les
brebis mères.
« Dans le Pays d’Ouche,
le bocage se dégrade à mesure qu’on s’éloigne vers
l’est : il se limite bientôt autour des habitations tandis que s’étalent
champs ouverts et labours ».
« Les régions
mixtes (prairie permanente et terre labourable avec assolement simple)
connaissent depuis longtemps des difficultés. L’exode et le vieillissement
élargissent les vides. Les hautes terres humides du Pays d’Ouche,
du Perche et du Merlerault portent de maigres herbages entre les forêts.
Les fonds sont plus riches et plus soignés. Les labours occupent
les meilleures pentes. L’élevage bovin essaie d’évoluer vers
la viande. Les pur-sang et les trotteurs assurent toujours la gloire de
quel-ques domaines du Merlerault ».
Le « sud-est de la
Normandie centrale » est un véritable « château
d’eau où naissent et où divergent les rivières : Touques,
Charentonne, Risle vers la Manche, Avre et Iton vers l’Eure, Huisne et
Sarthe vers le sud ».
A lire : « Pays
d’Ouche, état des lieux et prospective », CA 61
Diapo 18
: UN TERRITOIRE AGRO-INDUSTRIEL
Indicateurs : indice
de spécificité 1999 et évolution de l’emploi 1990-1999.
L’économie du Pays d’Ouche
est étroitement liée à son histoire (agriculture,
métallurgie, textile), mais les mutations économiques transforment
son visage. L’économie est avant-tout agro-industrielle, d’où
la part importante de l’emploi dans l’agriculture, en pleine restructuration,
et dans l’industrie (un quart en 1999). L’activité industrielle
la plus présente est la métallurgie, dominée par Tréfimétaux
à Rai et Nomel à la Ferté-Fresnel, et la chimie-caoutchouc-plastique
avec Famar, ex Hoechst, d’où la forte spécificité
des biens intermédiaires sur le territoire, un secteur très
dynamique dans les années quatre-vingt-dix.
La construction affiche également
un réel dynamisme, en raison sans doute de la périurbanisation
et de la part importante des résidences secondaires dans les parties
rurales du terri-toire. Les artisans, toutes activités confondues,
sont globalement plus nombreux que sur l’ensemble de la région,
mais leur nombre a fortement décru dans les années 90 (-
24 % contre - 14 % en BN).
Deux autres secteurs très
présents, l’Administration et le Commerce, se sont également
développés. L’Aigle renforce sa fonction commerciale, d’où
une forte progression des emplois dans ce domaine, particulièrement
les employés de commerce (+ 41 % en dix ans). Le nombre de commerçants
lui décline comme partout ailleurs (- 14 %), le développement
de la grande distribution et la dévitalisation des campagnes pesant
sur leur activité. L’Administration, limitée aux collectivités
locales, occupe éga-lement une place notable, mais l’absence de
grandes administrations freine son développement.
« La structure et
la répartition des industries sont le résultat d’une histoire
faite de vagues successives qui toutes ont laissé des traces. (…)
Le Pays d’Ouche et le bocage ornais sont au même moment le 3ème
foyer métallurgique français, grâce au charbon de bois
fourni par les forêts voisines, au minerai de de fer superficiel
(sur le grès armoricain) et aux cours d’eau qui actionnent les martinets.
»
Pendant la « Révolution
Industrielle (machine à vapeur, coke) », « l’industrie
se regroupe en quelques centres spécialisés et, surtout,
autour de la Basse-Seine, bien reliée à l’extérieur,
où arrivent houille et les matières premières, où
réside une bourgeoisie innovatrice. » « Progressivement,
la filature puis le tissage se concentrent dans les vallées pour
utiliser l’énergie hydraulique. (…) Le textile survit avec la mécanique
(métiers) et la chimie (couleurs) associées. Il continue
à occuper les vallées ».
« Aux XVIIIème
et XIXème siècle, la vallée de la Risle connut une
explosion industrielle basée sur l’énergie hydraulique et
l’Aigle fut un temps la « capitale » française de fabrication
des épingles. (…) A l’Aigle même, où à proximité
immédiate, les laboratoires pharmaceutiques » FAMAR (ex,
Hoechst) «
et d’importantes cartonneries ont pris la relève
» (ex, Davoise Orlyplast). « Cependant, l’industrie de la
toile et de la métallurgie (fabrique de cadenas, de filigrane de
papier en cuivre fin) subsistent ».
« Le minerai de fer,
extrait des poches ou du grison, le bois et l’eau partout présents,
alimentaient des forges nombreuses en petits ateliers autour de bourgs
animés (…). Ils fournissaient les harnache-ments des chevaux, des
outils et de la clouterie. Quelques établissements survivent »,
comme les épingles Bohin. « La décentralisation
a apporté des usines de matériel chirurgical »
(IMV technologie, numéro 1 mondial du matériel d’insémination
artificielle, « de visserie » avec Nomel etc.) ».
Décentralisation des
années 60 : « De Paris où demeurent les sièges
sociaux, des entreprises (…) essaiment des établissements aux abords
des villes bien reliées à la Capitale ».
Diapo 19
: EN PLEINE MUTATION ECONOMIQUE
Indicateurs : indice
de spécificité 1999 et évolution de l’emploi 1990-1999.
Deux autres secteurs industriels
ont été également dynamiques dans les années
quatre-vingt-dix, les IAA employant toutefois très peu de monde
(160 en 1999) et surtout les biens d’équipement grâce à
la présence de IMV technologies, n°1 mondial du matériel
d’insémination artificielle, et Wagon Automotive dans la fabrication
de moules et modèles. Les transports ont été également
très dynamiques, mal-gré l’enclavement d’un territoire qui
géographiquement est bien situé. En fait les créations
d’emplois ont été concentrées dans le commerce et,
surtout, les services, le territoire étant lui aussi en pleine tertiarisation.
La croissance reste toutefois modérée, signe d’un rattrapage
plutôt difficile.
Le développement des
services aux entreprises est le fait de la politique d’externalisation
des entre-prises (intérim etc.), mais les créations d’emplois
dans ce domaine restent limitées (+ 18 % contre + 49 % en BN). C’est
également le cas dans l’éducation, l’action sociale et la
santé où l’emploi n’a progressé que de 8 % en dix
ans (+ 20 % en BN).
En croissance au niveau régional
(+ 9 %), les services aux particuliers ont eux régressé de
5 % dans le Pays d’Ouche. Or, c’est dans ce secteur que se situent les
emplois de l’hôtellerie et la restauration, les activités
récréatives, culturelles et sportives, les services personnels
(coiffeurs…) et domestiques (nourrices, femmes de ménages…). Les
activités financières régressent elles plus fortement
qu’au niveau régional, contrairement aux activités immobilières
qui résistent mieux en raison du dynamisme du marché immobilier.
Elles souffrent néanmoins du développement d’Internet et
des petites annon-ces.
Dans l’industrie, le secteur
des biens de consommation a perdu près des trois-quarts de ses effectifs,
suite aux difficultés rencontrées notamment dans le secteur
de l’habillement et du cuir (fermeture de Sivet à Moulins-la-Marche
et Chennebrun Confection à L’Aigle). Cette activité ancienne
a quasiment disparu dans le Pays d’Ouche. Les réductions d’effectifs
dans l’industrie des biens de consommation et dans une moindre mesure dans
l’automobile sont à l’origine du déclin de l’industrie sur
le territoire : l’industrie a perdu un salarié sur cinq en cinq
ans, trois fois plus qu’au niveau régional.
Parallèlement à
ces restructurations, la nature des emplois évolue considérablement
: forte progression des cadres d’entreprises (+ 48 %), des techniciens
(+ 44 %) et des contremaîtres et agents de maîtrise (+ 10 %),
une hausse plus marquée qu’au niveau régional. La situation
est inverse pour les ouvriers : moindre croissance des OQ (+ 2 % contre
+ 6 % en BN), plus forte baisse des ONQ (- 37 % contre - 15 %). Le taux
de qualification ouvrière est équivalent au niveau national,
le taux d’encadrement sensiblement plus élevé, avec un salaire
moyen par cadre plus attractif.
Un enjeu à noter,
la qualification des personnes. Si le niveau de qualification des personnes
s’élève, le Pays d’Ouche souffre néanmoins d’un handicap
notoire, le faible niveau de diplôme d’une partie de sa population.
Ainsi, entre 25 et 60 ans, la part des personnes sans diplôme est
plus élevée qu’au ni-veau régional et, a contrario,
la part des bacheliers (et plus) reste inférieure. Un handicap sans
doute à surmonter pour pérenniser dans le temps le développement
du secteur industriel sur le territoire.
« Les transformations
technologiques en cours » sont
« caractérisées
par un nouveau déclin des industries traditionnelles mal adaptées
et la fermeture des établissements fondés uniquement sur
une main d’œuvre non qualifiée. »
Diapo 20
: DYNAMISME DES PME DE 20 A 100 SALARIES
Indicateurs : évolution
de l’emploi salarié entre 1999 et 2002 par secteur (graph 1) et
par taille d’en-treprises (graph. 2)
Les évolutions récentes
confirment certaines tendances : créations d’emplois dans la construction,
les biens d’équipement, le commerce et les biens intermédiaires,
disparitions dans les biens de consom-mation (notamment FAMAR) et les activités
financières. Certaines inflexions sont au contraire nota-bles :
développement des activités immobilières et des services
aux particuliers, recul des IAA, des services aux entreprises (intérim
et conseil-assistance) et des transports suite au transfert sur Argen-tan
de Ruel-SVP. Il s’agit ici des emplois salariés dans la sphère
marchande. Malgré le ralentissement économique, l’industrie
crée donc de l’emploi.
A l’exception de grandes entreprises
comme Tréfimétaux ou Nomel, le tissu industriel du territoire
est presque exlusivement composé de petites unités
de production. Tous secteurs confondus, les PME de 20 à 100 salariés
sont particulièrement dynamiques, un atout indéniable pour
le territoire. Les entrepri-ses industrielles de 10 à 19 salariés
sont les seules à avoir créé de l’emploi dans cette
tranche d’effec-tifs.
Le Pays d’Ouche est une «
région
d’industries dispersées en petits établissements et sites
d’activités anciennes transformées par spécialisation
et savoir-faire ».
Diapo 21
: LE TISSU PRODUCTIF SE DENSIFIE AU SUD-OUEST DU PAYS D’OUCHE
Indicateurs : évolution
du nombre d’entreprises (trame) et nombre de créations pures (ronds)
entre 1999 et 2002.
Les créations d’activités
nouvelles se concentrent surtout dans les villes qui renforcent leur pouvoir
attractif. Quelques espaces sont particulièrement dynamiques, densifiant
le tissu économique : les es-paces périurbains, le littoral,
le long des grands axes de communication. Noter le dynamisme observé
dans le Perche. Les créations et l’évolution du nombre d’entreprises
dans le Pays d’Ouche sont assez proches de la moyenne régionale,
la partie sud-ouest (Aigle-Ouest et Moulins-la-Marche) affichant un dynamisme
plus marqué qu’au nord et à l’est du territoire, en particulier
à L’Aigle même. L’accroissement du nombre d’établissements
reste toutefois limité au sud-ouest de l’Aigle (une vingtaine dans
le canton de l’Aigle-Ouest, une quarantaine autour de Moulins-la-Marche
(les prémices peut-être d’une revitalisation).
Diapo 22
: UN ESPACE CONSIDERE COMME UN ESPACE EN RECONVERSION (…)
Indicateurs : zones
éligibles « Objectif 2 » et Territoires Ruraux de Développement
Prioritaire.
Les aides octroyables donnent
une bonne lecture de la manière dont les pouvoirs publics (Etat
et Union Européenne) considèrent le territoire. Eligible
aux fonds européens Objectif 2, le Pays d’Ouche est ainsi
perçu comme un espace en reconversion économique et sociale
connaissant des difficultés structurelles. Classé en Territoire
Rural de Développement Prioritaire et même en Zone de
Revitali-sation Rurale dans sa partie rurale, le Pays d’Ouche est également
considéré comme une
zone rurale défavorisée
caractérisée par un faible niveau de développement
économique. Ces espaces ruraux en difficulté sont aujourd’hui
en cours de redéfinition. Une structure comme le Pays constitue
un outil de développement qui ne peut être que bénéfique
à long-terme pour l’ensemble du territoire.
Diapo 23
: MAIS NE BENEFICIE PAS DE LA PAT, NI DE « LEADER+ »
Indicateurs : zones
éligibles à la PAT et « Leader+ ».
Le territoire n’est pas éligible
cependant à la Prime d’Aménagement du Territoire (destinée
à favoriser l’implantation de nouvelles entreprises) et ne bénéficie
pas du programme européen « Leader+ ».
Diapo 24 : LES LOGEMENTS SOCIAUX CONCENTRES
ESSENTIELLEMENT A L’AIGLE
Indicateurs : nombre
(ronds) et part (trame) des logements sociaux en 1999, nombre de logements
individuels et collectifs en 1999 (graphique).
En croissance de 18 % en
l’espace de dix ans, les logements sociaux représentent 18 % du
parc de logements, une proportion supérieure à la moyenne
régionale (15 %). La croissance observée au sein du Pays
a été par ailleurs plus forte qu’au niveau régional
(+ 16 %). Les logements sociaux sont con-centrés surtout à
L’Aigle, mais aussi dans principaux bourgs de services du territoire, à
savoir La Fer-té-Fresnel, Moulins-la-Marche et Sainte-Gauburge.
Noter la part importante en périphérie de L’Aigle à
Rai et Aube. Cette concentration au sein de L’Aigle rappelle qu’aujourd’hui
les zones d’exclusion sont à la fois les espaces ruraux en voie
de désertification, mais aussi les quartiers urbains socialement
dé-favorisés. Le territoire compte relativement peu de logements
collectifs, la plupart étant plutôt vétustes (constructions
de l’après-guerre). Cette vétusté explique peut-être
la vacance importante dans le parc de logements HLM (un logement sur dix).
Diapo 25
: UNE POPULATION DEFAVORISEE AU CŒUR DE L’AIGLE (…)
Indicateurs : foyers
non imposés (carte 1) et population en dessous du seuil de pauvreté
(carte 2).
Le nombre de personnes vivant
en dessous du seuil de pauvreté (environ 13 %) est globalement
plus élevé dans le Pays d’Ouche qu’au niveau régional.
Le niveau de revenu est en revanche très légè-rement
supérieur, mais la richesse est inégalement répartie
sur le territoire. Trois espaces se des-sinent : le cœur de l’Aigle et
l’espace rural caractérisés par un faible niveau de revenu
et une précarité relativement importante, la périphérie
de l’Aigle où la situation financière des habitants est plus
favo-rable. Il existe donc bien une dichotomie marquée entre l’espace
urbain et le monde rural. Comparé au reste de la région,
les jeunes sont un peu moins touchés par la précarité,
mais les Rmistes sont globalement plus nombreux. Les bénéficiaires
d’Allocations Parents Isolés sont également plus répan-dus
en raison d’une forte croissance du nombre de familles monoparentales en
l’espace de dix ans (un quart de plus).
Diapo 26
: LE CHÔMAGE REPART A LA HAUSSE
Indicateurs : évolution
du nombre de DEFM (graphique 1), taux de chômage (carte) et durée
mo-yenne du chômage (graphique 2).
La croissance économique
amorcée en 1997 a entraîné une forte baisse du chômage
dont a bénéficié particulièrement le Pays d’Ouche.
Le ralentissement économique, amorcé en 2000, a provoqué
une reprise du chômage plus marquée qu’au niveau régional
depuis en raison surtout des difficultés ren-contrées dans
l’industrie (Basse-Normandie particulièrement touchée). Au
sein du Pays, le chômage est également plus élevé
en milieu rural et à L’Aigle, expliquant en partie les difficultés
sociales révé-lées précédemment. Comparé
à l’ensemble de la région, le chômage des jeunes est
un peu plus mar-qué et la durée moyenne du chômage
plus élevée, notamment chez les plus de 50 ans où
la situation face au marché du travail est plus difficile. Cette
situation défavorable explique sans doute la forte croissance du
nombre de stagiaires rémunérés et d’emplois aidés
sur le territoire dans les années quatre-vingt-dix. Conséquence
des difficultés dans l’industrie, la part des ouvriers inscrits
à l’ANPE, particulièrement les moins qualifiés, est
plus élevée dans le Pays d’Ouche qu’en Basse-Normandie (les
ONQ ont notamment souffert dans la précédente décennie
des suppressions d’emplois dans les secteurs traditionnels comme le textile-habillement).
Diapo 27
: FORTE CROISSANCE DES EMPLOIS LES PLUS QUALIFIES
Indicateurs : évolution
1990-1999 (graphique 1) et nombre d’EMS en 1999 (graphique 2).
L’INSEE a identifié
au sein des grandes villes françaises des emplois à haute
qualification, de niveau cadre et ingénieur, qui animent et dynamisent
l’économie. Classés par fonction, ces « emplois métropolitains
supérieurs » permettent de préciser les points forts
de chaque grande ville. En 1999, 16 300 emplois de cette nature s’exercent
en Basse-Normandie, dont plus de la moitié dans l’aire urbaine caennaise.
Ces emplois se sont fortement développés au cours des années
quatre-vingt-dix, mais 4/5 des nouveaux EMS de la région se sont
créés à Caen. Comparé aux autres villes de
la région, L’Aigle affiche un réel dynamisme (+ 50 %), mais
en réalité, le nombre réel d’emplois de cette
nature qui s’y exerce est relativement faible (220 en 1999), plaçant
L’Aigle en avant-dernière position devant Honfleur. Les emplois
à l’Aigle sont concentrés surtout dans l’industrie et dans
les services aux entreprises, avec quelques emplois dans le commerce et
la recherche (une trentaine chacun).
Diapo 28
: ET DEMAINS ?
Indicateurs : projections
de population OMPHALE à l’horizon 2030.
Si les tendances démographiques
actuelles se poursuivent, la population du territoire va continuer de baisser
et la population de vieillir. Près de deux habitants sur cinq pourraient
avoir plus de 60 ans en 2030 ! Ce vieillissement lié au «
papy boom » qui touche l’ensemble du territoire français,
montre l’enjeu du développement de services en faveur de cette population,
notamment dans la sphère de l’aide à domicile et de la santé.
Le nombre d’enfants continuera lui de baisser, avec les conséquences
que cela entraînera en matière d’enseignement. Mais il s’agit
de projections : l’avenir est entre vos mains !
Diapo 29
: UN TERRITOIRE EN VOIE DE DESENCLAVEMENT
Longtemps enclavé,
la mise en quatre-voies de la N12 et la construction de l’A28 vont notablement
changer la donne, d’autant que le territoire est bien situé (proximité
de Paris, orientation vers la Basse Seine, porte du Grand Ouest). Il y
a là un potentiel à saisir pour asseoir demain le développement
de l’Aigle.
Au final, deux enjeux majeurs
:
Milieu rural : accueil de nouveaux habitants, services aux
personnes âgées, lutte contre la précarité,
redynamisation économique ;
Région de L’Aigle : gestion de la périurbanisation,
lutte contre la précarité urbaine, développement économique
de L’Aigle pour bien l’insérer et l’ancrer dans l’espace économique
du Grand Ouest et du bassin parisien.
Jean-Philippe BRIAND
INSEE de Basse-Normandie
Tél : 02.31.15.11.18
Aujourd’hui classé dans
le secteur de la Pharmacie (biens de consommation).