L’association 
Pays d'Ouche Développement 
et
la Chambre d’Agriculture de l’Orne 

« Les haies dans le Pays d'Ouche Ornais. »

 

Sommaire :  Cartographies Fiche 1 : la haie et ses rôles.
Protection de l’eau et des sols
brise vents
biodiversité
Fiche 2 : la haie et sa plantation.
Choix des essences 
La préparation du sol
La plantation de la haie
Fiche 3 : la haie et son entretien. Fiche 4 : la haie et la production d’énergie.
Valoriser les haies à travers l’énergie bois 
Points importants 
L’intérêt pour le propriétaire :
Des chiffres pour comprendre
Coordonnées : qui contacter ?  Quarante essences champêtres de l’Orne.

Cartographies
 
Une haie est une clôture faite d'arbres et d'arbustes alignés. Elle marque la limite entre deux parcelles, entre deux propriétés.

Cette définition est souvent étendue à toute plantation alignée formant une limite. Cette vision de séparateur prédomine même si les écologues ont introduit l'idée que cette limite a une épaisseur dans laquelle la faune circule comme dans un corridor.

 

Le Pays d'Ouche Ornais et ses communes. Les haies et les forêts dans le Pays d'Ouche Ornais.


 

Fiche 1 : la haie et ses rôles :
Protection de l’eau et des sols
brise vents
biodiversité
Conserver un cadre de vie de qualité pour les habitants : Paysage plus attractif, protection du vent, atout pour la randonnée Pour une tranche importante de la population qui s’implante en milieu rural, c’est la qualité et le cadre de vie qui motive son choix. Le paysage est une composante essentielle de ce cadre de vie, qui doit répondre aux attentes de cette population dont on ne peut faire l’économie si on veut éviter la désertification de notre campagne. Les haies jouent ici un rôle essentiel car elles contribuent à maintenir une biodiversité appréciée (oiseaux, lapins..), protègent les chemins et routes secondaires des assauts du vent et créent une ambiance autour des habitations. En témoignent les réactions parfois violentes de la population lors d’arrachages systématiques de haies qui modifient du jour au lendemain le paysage au sein duquel vivent les habitants…
Protection de l’eau et des sols.

Limiter les risques d’érosion et d’inondations : 
 

Des études montrent qu’un mètre linéaire de haie peut stocker de 3 à 7,5 m3 d’eau et que la haie permet de piéger deux tiers des particules arrachées et en suspension dans l’eau de ruissellement.

 

Dans les champs cultivés, l’eau et la terre entraînées, à cause du ruissellement, ralentissent en bas des pentes. La terre se dépose et crée un talus. Comme une éponge, quand arrive un violent orage, l’eau de ruissellement s’infiltre dans les fissures créées par les racines dans le sol pour rejoindre la nappe phréatique. Cela évite bien des inondations et permet de faire des réserves en cas de sécheresse.

Une partie des nitrates et autres polluants agricoles sont absorbés par les racines de la haie. La haie retient donc les résidus d’engrais et de nitrates et les transforme en engrais naturels.

 

Rôle de brise vents.
 

Quand la tempête fait rage, le vent brise les tiges des plantes cultivées, couche des récoltes, assèche la terre et l’emporte dans ses tourbillons.

La zone protégée par une haie brise vents peut atteindre de 15 à 20 fois la hauteur de celle-ci. Son efficacité dépend de sa perméabilité, de sa hauteur et de son homogénéité (présence d’un ou de plusieurs étages de végétation). Un brise vents doit être semi perméable de manière à empêcher la formation de tourbillon. Les haies de feuillus forment d’excellents brise vents, elles constituent un obstacle qui filtre le vent et réduit sa vitesse.

 


Une haie imperméable (thuyas) = mauvais
 

Une haie perméable (feuillus) = bon
 

Maintenir la faune et la flore : 

Protection des animaux réserve biologique
 

Un microclimat

La protection de la haie augmente la température moyenne du sol de 2 à 3°C au printemps. Les cultures alentour ont souvent quinze jours d’avance. L’été, elle protège les vaches et les moutons des ardeurs du soleil et l’hiver du vent glacial.
 

Enrichissement de la terre

En lisière de haies, les épis de blé sont souvent moins beaux qu’au beau milieu d’un champ ensoleillé (causes : ombre du feuillage, concurrence des racines…). Mais globalement, il est démontré qu’un réseau de haies peut améliorer le rendement des récoltes de 6 à 20% grâce à la fertilisation du sol (rejet d’éléments très riches en minéraux) et  au moindre  développement de nombreux parasites nuisibles aux cultures.
 

La haie, un lieu de biodiversité : Protection des animaux, réserve biologique La haie est une zone de transition où toutes les conditions sont réunies pour héberger une flore et une faune très variées. La haie est un habitat accueillant pour le petit gibier qui y trouve un site de reproduction et surtout un refuge contre les prédateurs ou les intempéries. Les haies peuvent abriter des insectes prédateurs qui pourront limiter la prolifération de certains ravageurs des cultures comme les pucerons.

 
 
Fiche 2 : la haie et sa plantation
1 / Choix des essences 
2 / La préparation du sol
3 / La plantation de la haie
La plantation d’une haie se déroule en plusieurs étapes.
1 / Choix des essences :

Il faut choisir des essences locales pour plusieurs raisons. Tout d’abord, celles-ci sont adaptées aux sols et aux climats de notre région. Ces essences sont rustiques, elles nécessitent peu de soins et ont une bonne croissance. De plus, les haies changent au fil des saisons, la chute des feuilles à l’automne et leur repousse au printemps rythment le temps.

Les haies bocagères traditionnelles nous font profiter d’un grand nombre de couleurs, par les multiples verts de leur feuilles, les fleurs au printemps, et les tons rouges - jaunes – orangés du feuillage de l’automne accompagné de quelques fruits délicieux.
 

Pour choisir ces essences locales, vous pouvez demander conseil auprès d’un technicien spécialisé ou allez voir dans la liste des essences champêtres de l’Orne (ci-jointe).

2 / la préparation du sol

Période : août – septembre (fin des moissons)

Intérêt : le travail du sol permet aux arbres plantés de mieux reprendre et d’avoir une pousse rapide les années suivantes.

Pour bien réaliser ce travail, il faut dans un premier temps, travailler le sol en profondeur grâce au passage d’un chisel ou d’une sous-soleuse, ce qui va permettre de faire un décompactage du sol et favoriser la croissance des arbustes et augmente la capacité de réserve en eau.

Ensuite, il faut passer une herse rotative ou rotovator pour ameublir le sol et permettre le passage d’une dérouleuse de film plastique.
 

Photo : Laurent NEVOUX

Puis enfin, le paillage du sol. Cela consiste à couvrir la zone de plantation, soit d’une bâche plastique, soit une paillage biodégradable (type paille, foin, écorce de bois, copeaux, feutre) juste après le travail du sol ou pendant la plantation selon les cas. Il favorise la reprise des plants car il joue un rôle de protection contre les herbes (celles-ci ne poussent pas), garde l’humidité du sol et favorise le développement de la faune du sol qui va enrichir et ameublir la terre de façon naturelle.

Pour exemple, une balle ronde de paille permet de couvrir 30 à 35 mètres de zone de plantation sur 20 cm d’épaisseur.
 

3 / la plantation de la haie

Période : novembre – mars (hiver)

Vérifier le bon état des plants, le collet doit être épais, l’écorce sans blessure, la tige bien droite, unique et vigoureuse et le bourgeon terminal non abîmé.

Puis tailler légèrement les racines (maximum 1/3 de leur longueur) pour favoriser l’émission de radicelles.

Tremper les racines dans du pralin : mélange à base d’un tiers d’argile, d’un tiers de bouse de vache et d’un tiers d’eau.

Découpez le plastique en croix ou écarter un peu votre paillage biodégradable.

Faites un trou dans la terre.‚

Placer le plant verticalement à la bonne profondeur, prendre bien soin d’étaler les racines dans le fond du trou et de mettre le collet au niveau du sol, tasser et arroser pour éviter les poches d’air.

Remettre le paillage en place.„

Précaution : Mettre un grillage de protection contre les lapins, lièvres et chevreuils si nécessaires autour du plant.



 
 
 
Fiche 3 : la haie et son entretien
Pour obtenir une haie bien structurée, les opérations de tailles sont essentielles. Il faut intervenir très tôt pour ne pas laisser se développer de mauvaises formes qui seraient difficile à corriger par la suite et pour obtenir une cicatrisation des plaies afin d’éviter les nécroses. Il faut couper que les branches jeunes et de faible diamètre (2-3 cm) et avoir un travail facile (avec des outils à mains : sécateurs, scies d’élagages) et rapide.
Photo : Laurent NEVOUX
L'entretien de la haie se mesure par l'effort à fournir pour maintenir la haie dans les formes et les dimensions souhaitées :

-L'entretien permet de tenir la plante dans une hauteur et une largeur bien inférieure à sa dimension naturelle.
-L'entretien permet aussi de donner à la plante une forme et un aspect de surface qu'elle ne prendrait pas toute seule.

Chaque plante (espèce ou cultivar) possède une hauteur, un diamètre et une forme qui lui sont spécifique si on la laisse croître dans de bonnes conditions. Les plantes grandissent continuellement; tout d'abord très vite pendant leur phase juvénile puis beaucoup plus lentement. Plus la différence entre la pousse naturelle et l'aspect recherché est grande, plus l'entretien devra être important.
 

Plusieurs objectifs peuvent être poursuivis :
 
  • Favoriser la reprise des plants.
  • Former une touffe bien garnie de la base au végétal.
  • Rééquilibrer le système aérien et le système racinaire.
  • Corriger une mauvaise reprise des arbres : le recépage.
  • Former une tige : le coursonnage, l’élagage.
  • Limiter le développement en largeur de la haie.
  • Rajeunir une haie.
  • Favoriser la floraison et la fructification.


En principe, l’année de la plantation on ne taille pas, à l’exception des plantations tardives et de celles qui pourraient souffrir de la sécheresse , et tous les arbustes persistants.
 


Pour réaliser une haie basse taillée, il faut procéder comme ci-dessous :

Pour réaliser une haie en cépée : quelques gros brins

Pour réaliser une haie d'arbres : un beau tronc et des branches

Dès la première année, la taille de formation donnera à l’arbre une forme correcte. Pour cela, les branches verticales qui concurrencent la flèche seront coupées afin de ne conserver qu’un axe central. Les grosses branches qui dépassent la moitié du diamètre du tronc seront éliminées. Cette opération est à répéter tous les ans à la fin de l’hiver. Lorsque l’arbre à cinq ans, l’élagage peut débuter. Il consiste à couper les branches du tiers inférieur de l’arbre afin d’obtenir du bois sans nœud. Les deux tiers supérieur de l’arbre ne subissent qu’une taille de formation. Cette opération sera ensuite menée tous les trois à cinq ans durant l’hiver. La coupe correcte des branches doit permettre à la blessure de se cicatriser rapidement : en ayant laisser intacte la zone d’apparition du bourrelet cicatriciel, celui-ci va à terme recouvrir la plaie. Sur les branches de fort diamètre, il est conseillé d’appliquer un produit antiseptique et cicatrisant pour assurer qu’aucune maladie ne pénètre dans l’arbre.

 
 
 

Fiche 4 : la haie et la production d’énergie.
Valoriser les haies à travers l’énergie bois 
Points importants 
L’intérêt pour le propriétaire :
Des chiffres pour comprendre 
Valoriser les haies à travers l’énergie bois :
 

Qu’est-ce qu’une chaudière à bois déchiqueté ?


Photo : Emmanuelle DABON

Elle brûle du bois apporté sous forme de copeaux. Le bois est mis dans une trémie, la chaudière possède une vis sans fin et lorsqu’il y a une demande d’énergie, la vis se met en route, prend des copeaux de bois dans la trémie et ce bois et brûlé dans un brûleur classique. Les chaudières peuvent être individuelle (chauffage d’une maison) ou collective (chauffage d’un collège, de logements HLM, d’équipements sportifs…).

Il y a plusieurs bonnes raisons pour choisir un chauffage à alimentation automatique. Tout d’abord, les chaudières à alimentation automatique au bois procurent le même confort d’utilisation qu’avec les autres combustibles fossiles. Ce type de chauffage permet l’écoulement des sous produits difficilement commercialisables. De plus le bois est une énergie renouvelable, il ne contribue pas à l’effet de serre et nous donne une certaine indépendance vis-à-vis de l’étranger (pétrole). Le prix du bois n’est pas dépendant du contexte mondial, le bois est une production indigène (locale). 

Points importants :

Pour permettre la valorisation des haies par la mise en place d’une chaudière à bois déchiqueter il faut réunir quelques paramètres indispensables, il faut pour cela :

1-     avoir de la place à côté de la chaufferie :

Un minimum de place pour recevoir la trémie d’alimentation. L’idéal est de posséder une dépendance à côté de la chaufferie, avec une surface ou un volume nécessaire pour stocker les besoins d’une année.(voir photo : stock de bois déchiqueté).

2-      Avoir du bois :

Il faut que la personne possède 5 ou 6 Kms de haie minimum pour être autonome. Sinon, le bois déchiqueté pourra s’acheter facilement.

3-      Changer la manière d’entretenir la haie :

Pour obtenir une haie dont la production de bois déchiqueté sera optimale, un nouveau mode d’entretien de la haie sera préconisé. Il faudra pour cela recéper 300 à 400 m de haies par an et laisser pousser cette haie pendant 12 à 15 ans pour obtenir à nouveaux une quantité et une qualité de bois suffisante pour une nouvelle coupe.

Pour obtenir des plaquettes de qualité (meilleur rendement dans la chaudière), il faudra déchiqueter la totalité des branches, même les grosses branches entières (10 à 20 cm de diamètre).

Grâce à ce type d’entretien (recépage), le travail de taille latéral n’est plus à réaliser tous les deux ou trois ans. Seul une coupe de la haie tous les 12-15 ans sera nécessaire et permettra une production de bois déchiqueté de bonne qualité, le reste de l’entretien se résume à «  tondre » le pied de la haie.
 

L’intérêt pour le propriétaire :

L’intérêt de la valorisation du bois est donc de concilier plusieurs approches :
 

  • Economique : coût faible de l’énergie et investissement plus rapidement amorti du fait des aides existantes (tableau ci-dessous).
  • Humaine : le travail traditionnel en chauffage bois bûche est beaucoup plus long et difficile (couper, casser, transporter, tasser, bois repris 3 à 4 fois, chaudière à recharger régulièrement.) que le bois déchiqueté. Sachant par ailleurs que ce temps de travail n’est jamais chiffré.
  • Performance : le bois déchiqueté et les chaudières à alimentation automatique sont performantes, semi autonomes, simples d’utilisation, émettant peu de gaz à effet de serre.
  • Environnementale : le bois est une énergie renouvelable à la différence des énergies fossiles qui, une fois brûlées, ne « repousseront » jamais. Les haies jouent d’ailleurs un rôle environnemental reconnu (protection de l’eau et de sols, brise vent, protection des animaux, réservoir biologique, paysage,…) qu’un entretien par recépage favorise encore plus.
  • Technique : la nécessaire efficacité de gestion des haies limite les interventions mécaniques, concilie intérêt de la haie et efficacité du travail de l’exploitant (moins d’interventions, complémentarité avec son système.).
  • Social : Un groupe d’agriculteurs, voir de collectivités, groupés, peuvent générer des emplois pleins en employant une ou plusieurs personnes pour la bonne gestion des stocks de bois déchiqueté.


 

Des chiffres pour comprendre :

Type d'énergie
 Prix du Kwh en centimes d'Euros (HT)
 Prix du Kwh en centimes de francs (HT)
 
 

Bois
 3.5 à 4.27
 23 à 28
Fuel domestique
 4.12 à 5.34
 27 à 35
Gaz naturel
 4.57 à 6.40
 30 à 42
Electricité
 6.16 à 10.42
 40.4 à 68.3

Source : ADEME (calcul incluant l’investissement matériel et les aides accordées par l’ADEME.).

Le coût de l’énergie est un argument, la facilité d’utilisation un autre, comme dans le cas du fioul, du gaz ou de l’électricité (après règlement de la facture pour le chauffage et/ou aussi l’eau chaude sanitaire !!...), mais l’entretien des haies reste toujours à réaliser. (de 460 à 610 €/Km/an pour une exploitation faisant entretenir mécaniquement par entrepreneur).


 
Coordonnées

Pays d'Ouche Développement

13, rue des Ferrons BP 8
61550 LA FERTE-FRESNEL
Tél. /Fax : 02 33 84 87 23
Courriel: info@pays-d-ouche.com

 



Chambre d'Agriculture de l'Orne

52, bd  du 1er chasseurs BP 36
61001 ALENCON cedex
Tél. : 02.33.31.49.43
Fax : 02.33.31.47.62

 Contact : Laurent NEVOUX
Conseiller Haie / Aménagement Paysager


 
 
Quarante essences champêtres de l’Orne.

Arbres de haut jet :

Châtaigner, chêne pédonculé, chêne sessile, chêne rouge d'Amérique, érable sycomore, frêne, hêtre, merisier, noyer commun, noyer noir d'Amérique, orme, peuplier, poirier, commun tilleul.

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Chêne rouge d'Amérique

Hêtre

Noyer

Merisier

Poirier feuilles
Arbres intermédiaires :

Alisier Torminal, aulnes (les), bouleau, cerisier à grappes, charme, cormier, cytise, érable champêtre, pommier commun, prunier myrobolan, robinier (acacia), sorbier des oiseaux, saules, tilleul à petites feuilles.

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Bouleau

Erable champêtre

Alisier

Saule

Arbustes buissonnants :

Aubépine, bourdaine, cerisier sainte Lucie, cornouillers (les), fusain d'Europe, houx, lilas commun, néflier, nerprun, noisetier, prunelier, sureau noir, troëne vulgaire, viorne (les).

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Aubépine

Noisetier

Houx